Migrants-Merkel critique les Etats d'Europe de l'Est-Politico

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BRUXELLES, 8 octobre (Reuters) - Angela Merkel s'est livrée à une critique de la politique de repli adoptée par plusieurs pays d'Europe de l'Est face à la crise des migrants, les accusant de céder à leurs préjugés et d'ignorer leur propre histoire, rapporte le site Politico, jeudi. La chancelière allemande aurait fait ces remarques lors d'une réunion à huis clos du Parti populaire européen (PPE) avant qu'elle et François Hollande s'expriment devant le Parlement européen mercredi à Strasbourg, ajoute le site. La dirigeante allemande a notamment pris pour cible les dirigeants de la Hongrie, de la République tchèque, de la Slovaquie et de certains Etats baltes, affirmant qu'ils devraient savoir ce que signifie vivre derrière un mur. "Nous, Européens de l'Est, et je m'inclus dans les Européens de l'Est, avons pu constater que l'isolement ne nous aidait pas", a dit Merkel se référant à ses origines est-allemandes. "On n'arrêtera pas les réfugiés en construisant des barrières. J'ai vécu derrière une barrière pendant suffisamment longtemps", a-t-elle ajouté. "Ceux qui ont eu la chance d'assister à la fin de la Guerre froide pensent désormais qu'ils peuvent échapper complètement à certains changements provoqués par la globalisation. Cela me semble très étrange", a poursuivi Merkel. La chancelière a réfuté les reproches que lui ont adressés le Premier ministre hongrois Viktor Orban et son homologue slovaque Robert Fico qui estiment qu'en ouvrant les frontières de l'Allemagne elle a provoqué un afflux de migrants auquel l'Europe n'est pas capable de faire face. "Il n'est pas acceptable d'avoir une liberté de circulation des biens et des personnes et que certains pays disent 'nous ne pouvons pas faire ceci, nous ne pouvons pas faire cela, nous ne pouvons pas accueillir des Syriens parce que nous ne sommes pas prêts pour le moment'". "Quand quelqu'un dit: 'cette Europe n'est pas la mienne, je ne peux pas accepter de musulmans', j'ai envie de répondre, cela n'est pas négociable". "Sommes-nous fondés à défendre les chrétiens partout dans le monde si nous affirmons ne pouvoir accepter un musulman ou une mosquée dans notre pays ? Cela ne marche pas." Merkel juge que les pays d'Europe de l'Est pourraient bénéficier de plus de temps pour s'adapter afin de recevoir des réfugiés mais qu'ils ne peuvent pas les rejeter en affirmant qu'ils constituent un danger pour l'Europe. Plus de 500.000 migrants et réfugiés, fuyant des conflits armés ou la pauvreté au Moyen-Orient et en Afrique, sont arrivés en Europe depuis le début de l'année. La Hongrie a érigé une barrière le long de ses 175 km de frontière avec la Serbie pour empêcher ces migrants d'accéder à son territoire avant de tenter de rejoindre l'Allemagne. (Paul Taylor; Pierre Sérisier pour le service français)

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  • M4709037 le jeudi 8 oct 2015 à 11:25

    Mme Merkel s'énerve et invective car elle se rend compte sans le dire qu'elle est dépassée, qu'elle a perdu pied et que son jugement est mauvais, mais elle ne veut pas le reconnaître.

  • M4709037 le jeudi 8 oct 2015 à 11:24

    Mme Merkel ne peut décider unilatéralement de ce qui est bon pour l'Europe sans accord des 28 et des parlements nationaux. La culture du chef auquel on obéit sans discuter à donner de funestes résultats en Allemagne (exemple : 1914-1918, 1940-1945). Merkel ne peut donc décider seule de l'avenir de l'Europe et de son identité culturelle et religieuse.