Migrants-Les pays baltes érigent eux aussi des clôtures frontalières

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    par Andrius Sytas et David Mardiste 
    VILNIUS/TALLINN, 8 mars (Reuters) - L'Estonie, la Lettonie 
et la Lituanie renforcent actuellement les contrôles d'identité 
et mettent en place des clôtures le long de leurs frontières 
orientales, par crainte de devenir un nouveau point d'entrée des 
migrants dans l'Union européenne, maintenant qu'il est plus 
difficile à ceux-ci d'entrer par les Balkans. 
    Les gouvernements des trois Etats baltes craignent un afflux 
de milliers de réfugiés en provenance de Russie et de 
Biélorussie, étant donné que l'an dernier 6.000 demandeurs 
d'asile sont arrivés en Finlande et en Norvège via la frontière 
russe. 
    La Lettonie et l'Estonie ont entrepris d'installer des 
clôtures à leur frontière avec la Russie. Les craintes pour 
l'intégrité de leur territoire jouent également un rôle depuis 
l'annexion en 2014 de la Crimée à la Russie. 
    Plusieurs centaines de garde-frontières, de policiers et de 
soldats lituaniens ont entamé cette semaine un exercice de 
gestion de crise le long de la frontière. La réintroduction des 
contrôles des cartes d'identité sur une partie de la frontière 
avec la Lettonie doit être également testée dans le cadre de cet 
exercice. 
    "Jusqu'à l'année dernière, ni la Norvège ni la Finlande 
n'avaient de problèmes migratoires à la frontière russe", a dit 
à Reuters Renatas Pozela, membre des garde-frontières 
lituaniens. "Puis le flux de migrants sur cette frontière a 
bondi, en l'espace d'une semaine, comme sous l'effet d'une 
baguette magique." 
     
    LA VOIE DE L'ARCTIQUE 
    Les contrôles étant renforcés sur l'itinéraire le plus 
emprunté par les migrants, la Grèce et les Balkans, la voie par 
la Moldavie, l'Ukraine et les pays baltes pourrait être de plus 
en plus empruntée, estiment certains responsables. 
    L'Estonie installe actuellement à sa frontière avec la 
Russie des appareils de surveillance comparables à ceux déjà 
présents à la frontière entre la Lituanie et la Biélorussie, 
afin de faire échec aussi bien aux trafiquants qu'aux immigrants 
clandestins. 
    "Il est regrettable d'avoir besoin de ça (une clôture)", 
déclare Ojars Eriks Kalnins, membre de la commission des 
Affaires européennes du parlement letton. "Mais compte tenu des 
circonstances actuelles en Europe et de la crise des réfugiés 
dans son ensemble, cela peut être nécessaire". 
    En janvier, la Finlande a reproché à la Russie de laisser 
passer les demandeurs d'asile par la frontière arctique. Le 
nombre d'arrivées de migrants au poste-frontière de Salla 
atteignait alors les 20 par jour. 
    Le flux de migrants de Russie vers la Finlande s'est 
toutefois tari ce mois-ci, selon les garde-frontières 
finlandais. 
 
 (avec Gederts Gelzis à Riga et Tuomas Forsell à Helsinki; Eric 
Faye pour le service français) 
 
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