Migrants-Les dirigeants des 28 se réunissent à Bruxelles

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BRUXELLES/ROME, 23 avril (Reuters) - Les dirigeants de l'Union européenne (UE) se réunissent jeudi à Bruxelles pour un conseil européen extraordinaire consacré à la crise des migrants en Méditerranée. Chefs d'Etats et de gouvernements devraient réviser en profondeur l'opération Triton, une mission de surveillance navale des frontières qui a succédé à la fin de l'année dernière à l'opération Mare Nostrum conduite par la marine italienne. Un plan entériné mercredi par les ministres européens à Luxembourg prévoit aussi de lutter contre les réseaux de passeurs et appelle l'UE à capturer et détruire systématiquement les navires utilisés par les trafiquants qui monnaient les traversées vers les rivages européens de la Méditerranée. "Nous savons où sont les bateaux, nous savons où les passeurs réunissent ces personnes qui fuient", a déclaré la ministre italienne de la Défense, Roberta Pinotti sur la chaîne de télévision transalpine SkyTG24. Des responsables européens ont dressé un parallèle avec les opérations menées contre les pirates somaliens. "Nous sommes déterminés à détruire leur modèle économique" a dit un responsable, qui explique que les Etats pourront réaliser des opérations chirurgicales fondées sur du renseignement une fois que les questions légales auront été réglées, par exemple par un mandat de l'Onu. "Nous ne parlons pas de guerre", a-t-il déclaré. "Personne ne parle de mettre un pied sur le terrain." Les Vingt-Huit examineront également un projet-pilote consistant à accueillir 5.000 Syriens, répartis de façon équitable dans l'ensemble des pays membres. Depuis le début de l'année, l'Onu estime que 35.000 migrants ont tenté de traverser la mer Méditerranée pour fuir la pauvreté, la misère, les violences et les guerres. La plupart sont partis des côtes libyennes. Après la tragédie du week-end dernier, quand le naufrage d'un chalutier a fait jusqu'à 900 morts, ils seraient désormais près de 1.800 à avoir péri lors de leur traversée depuis le début de l'année. Au 21 avril 2014, le bilan était plus de trente fois inférieur, à 56 morts selon l'Organisation internationale des migrations (OIM). Fin 2014, il y avait eu au total 3.400 morts en Méditerranée, le rythme des traversées s'accélérant avec l'arrivée de l'été. Le drame de dimanche a suscité l'émoi et l'indignation. Il a également placé l'Union européenne sous le feu des critiques: des ONG mais aussi le Haut Commissaire de l'Onu aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, ont fustigé les politiques migratoires "cyniques" qui transforment la Méditerranée en un immense cimetière maritime. "Il aura fallu attendre les 3.400 morts de l'année dernière, les 1.000 morts de cette semaine pour qu'enfin, un véritable sommet soit convoqué à Bruxelles", a déclaré mercredi à Paris la présidente d'Amnesty International France, Geneviève Garrigos. (voir ID:nL5N0XJ20Z ) (Adrian Croft et Steve Scherer, avec Stephanie Nebehay à Genève, Elizabeth Pineau et Chine Labbé à Paris et Holger Hansen à Berlin; Eric Faye, Henri-Pierre André et Nicolas Delame pour le service français)

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  • mark92 le jeudi 23 avr 2015 à 07:17

    Les dirigeants européens ?? Mais ils pensent à quoi ?? sont payer des fortunes... pourvu que cela dur.. Seule solution, les bateaux sont renvoyés d'ou ils partent. C'est trop compliqué pour un dépité européen payé 24 000€/mois+ les primes, les voitures avec chauffeurs, 300€/réunion.. Merci le petit syndicaliste de Florange tête de liste du PS.......