Migrants: le gouvernement de Tripoli met l'UE en garde

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LA VALETTE, 23 avril (Reuters) - L'alliance contrôlant la capitale libyenne, Tripoli, a mis en garde jeudi l'Union européenne contre toute initiative unilatérale visant les installations des réseaux de trafiquants qui organisent depuis les côtes libyennes les traversées clandestines de la Méditerranée. Dans une interview publiée par le quotidien Times of Malta, Mohammed el Ghirani, ministre des Affaires étrangères du "gouvernement de salut public" mis en place par les milices qui tiennent la capitale libyenne, se dit prêt à s'y "confronter". "Nous avons fait de notre mieux pour que l'Europe coopère avec nous pour faire face à l'immigration clandestine, mais les Européens ne cessent de nous dire que nous ne sommes pas le gouvernement internationalement reconnu. Maintenant, ils ne peuvent pas simplement décider d'agir seuls, ils doivent nous parler", dit-il. "On ne peut pas simplement décider de frapper. Disons que vous frappez un site précis, comment saurez-vous que vous n'avez pas touché un innocent, un pêcheur ? Est-ce que l'Europe a une extrême précision ? Alors nous disons: faisons cela ensemble", ajoute-t-il. Quatre ans après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est privée de structure étatique, le gouvernement internationalement reconnu ayant dû se replier loin dans l'est du pays tandis que Tripoli est sous le contrôle de milices alliées au sein de "l'Aube libyenne", dont ce "gouvernement de salut public" est une émanation. Dans ce contexte, le pays est devenu la principale plaque-tournante des réseaux de passeurs qui tiennent les routes migratoires vers l'Europe. Les dirigeants de l'Union européenne se réunissent ce jeudi à Bruxelles pour un conseil européen extraordinaire consacré à la crise des migrants en Méditerranée. Ils devraient réviser en profondeur l'opération Triton, une mission de surveillance navale des frontières qui a succédé à la fin de l'année dernière à l'opération Mare Nostrum conduite par la marine italienne, mais également valider un plan de lutte contre les réseaux de passeurs, avec capture et destruction systématique des navires utilisés par les trafiquants. "Nous savons où sont les bateaux, nous savons où les passeurs réunissent ces personnes qui fuient", a déclaré la ministre italienne de la Défense, Roberta Pinotti, sur la chaîne de télévision SkyTG24. (voir ID:nL5N0XJ5J6 ) (Christopher Scicluna; Henri-Pierre André pour le service français)

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  • kurki le jeudi 23 avr 2015 à 10:52

    Autrement dit, l'Alliance veut protéger ses passeurs !

  • M3435004 le jeudi 23 avr 2015 à 10:36

    Vai Roberta !