Migrants-Le cas d'Aylan met Ottawa dans l'embarras

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(Avec précision du ministère de l'Immigration, détails) TORONTO, 3 septembre (Reuters) - Le gouvernement canadien a été mis en cause jeudi, en pleine campagne pour les élections du 19 octobre, en raison d'informations selon lesquelles la famille du petit réfugié syrien retrouvé mort la veille en Turquie après un naufrage aurait souhaité émigrer au Canada. La photo montrant le corps d'Aylan Kurdi échoué sur une plage de Bodrum a soulevé une vague d'indignation à travers le monde. Son frère aîné et sa mère ont également trouvé la mort dans le naufrage. La tante d'Aylan, Tima Kurdi, qui habite à Vancouver, a déclaré qu'elle avait espéré que son frère Abdullah, le père d'Aylan, vienne la rejoindre avec sa famille au Canada, mais elle a précisé qu'elle avait d'abord tenté de parrainer l'arrivée d'un autre frère actuellement en Allemagne, et dont la demande a été rejetée. Le ministère canadien de l'Immigratoin a déclaré que cette demande avait été rejetée parce qu'"incomplète", ajoutant qu'aucune demande émanant de la famille d'Aylan n'avait été reçue. En pleine campagne électorale, Thomas Mulcair, chef de file du Nouveau Parti démocratique et de l'opposition, dont le parti est en tête des sondages, a déclaré qu'un membre de son groupe parlementaire avait tenté d'aider la famille d'Aylan. "Il est intolérable que nous ne fassions rien. Le Canada a obligation d'agir", a-t-il dit avec des sanglots dans la voix lors d'un meeting électoral à Toronto. Le libéral Justin Trudeau a estimé quant à lui que le Canada devait immédiatement accueillir 25.000 réfugiés syriens. Le ministre de l'Immigration, Chris Alexander, membre du Parti Conservateur au pouvoir, a interrompu sa propre campagne pour regagner Ottawa et se consacrer à la crise des migrants. "La photo tragique du jeune Aylan Kurdi et la nouvelle de la mort de son frère et de sa mère ont bouleversé le monde entier", dit-il dans un communiqué. Il a déclaré qu'outre les 23.000 réfugiés irakiens et 11.300 réfugiés syriens que son gouvernement a promis de prendre en charge -- seuls 2.300 Syriens ont jusqu'à présent été accueillis --, le Canada accepterait 10.000 autres membres de minorités persécutées en provenance du Moyen-Orient. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui brigue un nouveau mandat, était déjà affecté par un scandale de corruption. (Andreas Hopkins, Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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