Migrants-La Turquie dit respecter le droit dans l'accord avec l'UE

le
0
    par Orhan Coskun et Ercan Gurses 
    ANKARA, 11 mars (Reuters) - La Turquie travaille à mettre en 
oeuvre les mesures contenues dans le projet d'accord négocié 
avec l'Union européenne lors du sommet extraordinaire de lundi à 
Bruxelles consacré à la gestion de la crise migratoire en 
Europe, indique un responsable turc, vendredi. 
    Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a présenté un plan 
contenant trois conditions en échange de la coopération des 
autorités d'Ankara : un doublement de l'aide de l'UE qui 
pourrait atteindre six milliards d'euros, une libéralisation de 
l'octroi de visas pour les citoyens turcs et l'accélération du 
processus d'adhésion de la Turquie à l'espace communautaire. 
    Les Européens ont dit vouloir étudier ces propositions avant 
le sommet prévu jeudi et vendredi prochains alors que des voix 
se sont élevées pour dénoncer un "ignoble marchandage". 
    Le haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, 
Zeid Ra'ad al Hussein, a dit redouter que l'accord en gestation 
n'entraîne des "expulsions collectives et arbitraires" illégales 
au regard du droit international. ( ID:nL5N16I3LS ) 
    Un responsable turc participant aux négociations a affirmé 
que son pays respecterait les règlements internationaux et que 
le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) pourrait être associé au 
processus de relocalisation des migrants illégaux en Turquie. 
    "Le HCR ne sera certainement pas exclu des efforts menés par 
la Turquie et par l'UE. Le HCR participera à leur mise en 
oeuvre", a commenté ce responsable s'exprimant sous le sceau de 
l'anonymat. 
    La question la plus épineuse à laquelle les Européens 
doivent répondre avant le sommet des 17 et 18 mars est de 
déterminer si la Turquie est un pays "sûr" pour les migrants qui 
n'auront pas été autorisés à entrer en Europe. 
    La définition d'Etat sûr est précisé dans la Convention de 
Genève sur les réfugiés, un texte que la Turquie a ratifié mais 
qu'elle a assorti d'exceptions. 
    "Beaucoup affirment que la Turquie n'est pas un pays tiers 
sûr. Cette question est celle qui va exiger le plus de travail 
et de discussions", a dit Metin Corabatir, ancien porte-parole 
du HCR qui dirige le Centre de recherches sur l'asile et la 
migration, un think tank turc. 
    La Turquie entend aller vite et a déjà proposé de signer des 
accords de réadmission avec 14 pays dont l'Afghanistan, une 
disposition qui devrait accélérer le retour de migrants refusés 
par l'Europe. 
    Elle travaille également sur les conditions présentées par 
les Européens en vue de la suppression des visas pour les 
citoyens turcs d'ici le mois de juin. Cela concerne une nouvelle 
loi sur la protection des données personnelles, l'instauration 
de passeports biométriques et un renforcement des services 
frontaliers, a précisé ce responsable. 
          
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant