Migrants-La Slovénie demande l'aide de l'Union européenne

le , mis à jour à 19:32
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* 12.000 arrivées en Slovénie au cours des dernières 24 heures * Le commissaire européen à la Migration promet une aide * La Croatie sollicite également une aide internationale * Orban appelle les Européens à changer de politique (Actualisé avec promesses d'aide européennes §1, 3-6) par Marja Novak et Maja Zuvela LJUBLJANA/RIGONCE, Slovénie, 22 octobre (Reuters) - P lusieurs pays de l'Union européenne ont promis d'envoyer des renforts de police en Slovénie à la demande de Ljubljana, qui peine à gérer l'afflux de migrants sur son territoire, a-t-on appris jeudi de sources proches de la Commission européenne. Au cours des dernières vingt-quatre heures, plus de 12.000 personnes sont arrivées en Slovénie, pays de deux millions d'habitants qui est devenu une route de contournement empruntée par les migrants pour rejoindre l'Autriche et l'Europe occidentale. Le commissaire européen à la Migration et aux Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, a rencontré jeudi la ministre slovène de l'Intérieur Vesna Gyorkos nidar, à qui il a promis que la Commission européenne se tenait prête à fournir une assistance financière à Ljubljana. "Nous nous tenons au côté de la Slovénie en ces moments difficiles. La Slovénie n'est pas seule", a déclaré Dimitris Avramopoulos . Selon des responsables de l'exécutif européen, l'Autriche, l'Allemagne, l'Italie, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie et la Pologne ont offert d'envoyer des renforts de police en Slovénie. Vesna Gyorkos nidar a déclaré que le coût de la prise en charge des migrants et réfugiés s'élevait quotidiennement à 770.000 euros pour son pays. La Croatie a également sollicité une aide internationale, rapporte l'agence de presse croate Hina. Le gouvernement réclame notamment des couvertures, des tentes et des lits de camp. Depuis la mi-septembre, 217.000 migrants sont entrés en Croatie. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a convoqué une réunion extraordinaire de plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement pour dimanche. ( ID:nL8N12L2LY ) Juncker a invité les dirigeants de l'Autriche, de la Bulgarie, de la Croatie, de la Macédoine, de l'Allemagne, de la Grèce, de la Hongrie, de la Roumanie, de la Serbie et de la Slovénie. De son côté, le parlement slovène a étendu les pouvoirs de l'armée afin qu'elle puisse prêter main forte à la police dans la surveillance des frontières tandis qu'est envisagé le rappel de policiers à la retraite. MISE EN GARDE D'ORBAN De nombreux migrants ont commencé à pénétrer en Slovénie depuis samedi après la décision prise la veille par la Hongrie de fermer sa frontière avec la Croatie. ( ID:nL8N12H04I ) Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a appelé les dirigeants européens à changer leur politique en matière d'immigration, affirmant que dans le cas contraire ils risquaient d'être confrontés à une crise politique et à des menaces pour l'ordre démocratique. Dans une déclaration à la chaîne de télévision m1 mercredi soir, le dirigeant hongrois a jugé que les responsables européens ne disposaient pas d'un mandat les autorisant à laisser des centaines de milliers de migrants entrer dans l'Union européenne sans véritable contrôle. Selon lui, la construction d'une barrière à la frontière sud de la Hongrie visait à repousser les migrants d'Europe et non pas à les inciter à emprunter un chemin détourné pour rejoindre l'Allemagne. "Cela déstabilise les démocraties européennes", a estimé Viktor Orban. "Nous devons ouvrir un débat honnête sur l'avenir de notre continent, sans le bâillon du 'politiquement correct', sans fausse excuse, en parlant franchement". "Nous devons écouter les peuples et tenir compte de leurs opinions. Si nous n'y parvenons pas, nous aurons une crise politique en plus d'une crise migratoire", a-t-il jugé. Orban, qui doit s'exprimer ce jeudi lors du congrès du Parti populaire européen (PPE) à Madrid, a précisé qu'il avait demandé aux pays voisins de la Hongrie de l'aider à inverser l'actuel flux migratoire. LE GOUVERNEMENT TCHÈQUE CRITIQUÉ "La chose qu'il convient de faire n'est pas de les laisser entrer en Europe mais de les renvoyer dans les camps de réfugiés dont ils sont partis", a dit Orban. "Ces gens doivent rester (dans leur région d'origine) et des conditions humaines doivent être créées pour eux (là-bas)", a-t-il poursuivi. Le haut commissaire de l'Onu aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad al Hussein, a accusé jeudi la République tchèque de violer systématiquement les droits de l'homme en mettant en prison des réfugiés, parfois pendant trois mois, et en leur prenant leur argent pour financer leur détention. Ces violations des droits de l'homme "semblent faire partie intégrante de la politique du gouvernement tchèque afin de dissuader les migrants d'entrer dans le pays ou d'y rester", a affirmé le haut commissaire. Il a également dénoncé les déclarations selon lui xénophobes et parfois "islamophobes" du président tchèque Milos Zeman, ainsi que le lancement d'une pétition "Contre l'immigration" par l'ancien président Václav Klaus. Milos Zeman a rejeté ces accusations. "Le président a depuis longtemps mis en garde contre la menace du fondamentalisme islamique. Ce ne sont pas des pressions venues de l'étranger qui le feront changer d'avis", a souligné son porte-parole. En Suède, l'agence de la migration a dit s'attendre à l'arrivée de 190.000 demandeurs d'asile cette année, alors que le pays peine à gérer le nombre record de réfugiés qui ont fui la guerre civile en Syrie. L'agence de la migration s'attend à recevoir 160.000 demandes d'asile pour l'année 2015 dont 33.000 concernant des enfants non accompagnés avec des estimations comprises entre 140.000 et 190.000. (Avec Fatos Bytyci, Aleksandar Vasovic, Daria Sito-Sucic, Tom Miles et Jan Lopatka; Pierre Sérisier, Guy Kerivel et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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