Migrants-La Serbie sous pression malgré les contrôles frontaliers

le
0
    par Fedja Grulovic et Marco Djurica 
    VRSKA CUKA, Serbie, 30 septembre (Reuters) - Le renforcement 
des contrôles aux frontières et l'édification de barrières par 
certains pays de l'Union européenne n'ont pas tari le flux de 
migrants fuyant les conflits du Proche-Orient et de l'Afrique 
pour se réfugier en Europe. 
    Depuis le mois de juillet, les gardes-frontières ont arrêté 
plus de 10.000 migrants qui tentaient de pénétrer en Serbie à 
partir de la Bulgarie et de la Macédoine. 
    A l'automne 2015, c'était plusieurs centaines de milliers de 
personnes parties de Syrie, d'Irak ou d'Afghanistan qui avaient 
réussi à rejoindre le continent européen à partir de la Turquie 
puis à poursuivre leur route à travers les Balkans afin de 
gagner les pays de l'espace Schengen, notamment l'Allemagne. 
    Les chiffres, cette année, sont moindres en raison de 
l'accord conclu entre l'Union européenne et la Turquie, qui a 
accepté de reprendre sur son territoire les réfugiés syriens 
arrivés dans les îles grecques, et en raison des barrières 
frontalières qui ont été érigées. 
    Selon le porte-parole du ministère serbe de la Défense Jovan 
Krivokapic, les patrouilles frontalières dissuadent la plupart 
des migrants en situation illégale. Récemment, 960 d'entre eux 
ont été interpellés et conduits dans des centres de rétention. 
    "Au cours des deux dernières semaines, nous avons enregistré 
une pression plus forte sur la frontière avec la Bulgarie", 
a-t-il reconnu. "Des groupes d'une cinquantaine de personnes 
profitent d'une météo favorable pour s'infiltrer en passant par 
des zones boisées ou des chemins de montagne." 
    Les patrouilles, équipées de véhicules tout-terrain, de 
véhicules de transports de troupes et d'équipements de vision 
thermique, surveillent 460 km de frontière avec la Bulgarie et 
la Macédoine. 
    Des unités hongroises participent à ces opérations, qui 
devraient prochainement bénéficier de renforts en provenance de 
l'Autriche et de la France. 
    Le flux de ceux qui réussissent à gagner le territoire 
hongrois s'est largement tari et pourrait encore diminuer après 
le référendum que la Hongrie organise dimanche pour refuser les 
quotas de réfugiés proposés par la Commission européenne. Ce 
scrutin pourrait être suivi par une fermeture totale de la 
frontière sud du pays.   
    Actuellement, quelque 7.000 personnes se trouvent dans des 
camps de réfugiés en Serbie contre 4.000 en juillet et les 
tensions restent fortes sur place. 
    Ces mesures de contingentement ne dissuadent pas pour autant 
des migrants qui, une fois refoulés, tentent à nouveau leur 
chance, parfois avec l'aide de passeurs. 
    "Une fois j'ai fait 15 km, la police nous a attrapés et nous 
a renvoyés", raconte un Pakistanais, auteur de plusieurs 
tentatives de passage en Hongrie. "J'ai essayé il y a trois 
jours et j'ai marché cinq km avant que la police nous attrape et 
nous renvoie."  
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant