Migrants-La Hongrie a le droit de tenir un référendum-présidence de l'UE

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    BRUXELLES/BERLIN, 25 février (Reuters) - La Hongrie a le 
droit d'organiser un référendum sur les quotas de migrants, a 
déclaré jeudi le ministre néerlandais de l'Immigration, Klaas 
Dijkhoff, dont le pays assume ce semestre la présidence 
tournante de l'Union européenne. 
    "Chaque pays a le droit d'organiser des référendums", a-t-il 
dit à la presse jeudi matin à Bruxelles, avant la tenue d'une 
réunion des ministres de la Justice et de l'Intérieur des 
Vingt-Huit. 
    Budapest a annoncé mercredi son intention d'organiser un 
référendum sur le projet européen de mise en place de quotas 
obligatoires de migrants, dans le cadre des efforts de l'UE pour 
freiner et répartir le flux de demandeurs d'asile en provenance 
d'Afrique et du Moyen-Orient. 
    "Je ne pense pas que les lois européennes interdisent les 
référendums", a dit Klaas Dijkhoff. "Avant toute chose, il reste 
à voir s'il y aura bien référendum, quelle sera la question 
posée, quel sera le résultat et, ensuite, avec quoi le 
gouvernement (hongrois) reviendra auprès de ses partenaires 
européens". 
    De son côté, le commissaire européen à la Migration et aux 
Affaires intérieures, le Grec Dimitris Avramopoulos, a estimé à 
son arrivée à la réunion à Bruxelles que l'Europe traversait 
"une période critique". 
    "Les initiatives isolées ne mènent nulle part. En ce moment, 
l'unité de l'Union et des vies humaines sont en jeu", a-t-il 
dit. "Il ne nous reste plus que dix jours jusqu'au 7 mars". 
    Ce jour-là se tiendra un sommet réunissant l'UE et la 
Turquie, que les Vingt-Huit pressent d'endiguer l'afflux de 
migrants. L'an dernier, plus d'un million de demandeurs d'asile 
sont arrivés sur le vieux continent et, depuis le début de 
l'année, ils sont 110.000 au moins à avoir débarqué en Europe. 
    Dans les colonnes du journal allemand Bild, le Premier 
ministre hongrois, Victor Orban, estime que les promesses de 
fonds et autres concessions faites par l'UE à la Turquie pour 
endiguer l'exode de réfugiés vers l'Europe relèvent d'une 
"illusion". 
    "Nous implorons M. (le président turc Recep Tayyip) Erdogan 
pour ce qui est de la sécurité de nos frontières, en échange 
d'argent et de promesses, parce que nous ne sommes pas en mesure 
de les protéger nous-mêmes", dit-il dans l'édition de jeudi de 
Bild. 
    "Cela rend l'avenir et la sécurité de l'Europe dépendants du 
bon vouloir des Turcs", ajoute-t-il. 
    Les pays de l'UE ont promis ce mois-ci une enveloppe de 
trois milliards d'euros à la Turquie pour qu'elle améliore les 
conditions de vie des réfugiés, en échange de la promesse de 
freiner le flux migratoire vers l'Europe. 
 
 (Francesco Guarascio et Caroline Copley; Eric Faye pour le 
service français) 
 
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