Migrants-La Grèce parle de "mini-crise humanitaire" sur son sol

le , mis à jour à 17:21
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 (Actualisé, conversation Tsipras-Merkel, HCR) 
    ATHENES, 24 février (Reuters) - La décision prise par des 
pays des Balkans et d'Europe centrale de limiter le flot de 
migrants transitant par la région provoque une "mini-crise 
humanitaire" en Grèce, a déclaré mercredi le ministre grec de 
l'Immigration, Yannis Mouzalas. 
    "Il est scandaleux (...) que cinq chefs de la police 
puissent invalider une décision des ministres de l'Union 
européenne en la matière", a-t-il dit à Reuters. 
    Les chefs de la police de l'Autriche, de la Slovénie, de la 
Croatie, de la Serbie et de la Macédoine se sont retrouvés la 
semaine dernière à Skopje, la capitale macédonienne, pour 
examiner les moyens de renforcer les contrôles aux frontières et 
limiter ainsi l'afflux de migrants, ce qui provoque un 
engorgement en Grèce, pays où arrivent les réfugiés par la mer. 
    Lors d'un entretien téléphonique, le Premier ministre grec 
Alexis Tsipras et la chancelière allemande Angela Merkel sont 
convenus d'intensifier les efforts pour faire appliquer les 
décisions de l'UE et lancer sans attendre les opérations de 
l'Otan en mer Egée contre les réseaux de passeurs. 
    A Vienne s'est tenue mercredi une réunion de ministres des 
Affaires étrangères et de l'Intérieur des Balkans, à laquelle 
l'Autriche n'a pas convié la Grèce, ce qui a eu pour conséquence 
des protestations d'Athènes.   
    Dans le centre de la Grèce, des migrants ont bloqué mercredi 
une autoroute en exigeant de pouvoir passer en Macédoine. "Nous 
voulons passer!", scandaient des familles, alors que les 
policiers grecs avaient bloqué leur convoi au niveau de la 
localité de Tempe. 
     
    "PERSONNE NE PARTIRA"  
    La police grecque avait pour consigne mercredi d'arrêter les 
autocars conduisant des migrants vers Idomeni, à la frontière 
avec la Macédoine. 
    "Personne ne partira pour Idomeni aujourd'hui. Je ne 
permettrai à aucun car de partir pour le Nord tant que Skopje 
n'autorisera pas les gens à passer la frontière", a dit à 
Reuters un responsable du ministère grec de l'Immigration, 
Konstantinos Louziotis. 
    Des journalistes de Reuters ont vu d'autres groupes de 
migrants rassemblés dans des stations-service et des motels, le 
long des 530 km de route entre Athènes et la Macédoine. 
    Les gardes ont ouvert la frontière pendant une heure 
mercredi matin, ne laissant passer qu'une centaine de personnes. 
    Dans la matinée, 1.600 migrants sont arrivés en Grèce 
continentale par bateau, en provenance d'îles de la mer Egée 
proches des côtes turques. 
    Le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, 
Filippo Grandi, a estimé que les restrictions imposées par 
certains pays des Balkans au déplacement des migrants étaient 
contraires aux droits fondamentaux. 
    "Ces restrictions, qui sont probablement contraires aux 
règles européennes, le sont certainement par rapport aux lois 
fondamentales sur la protection des réfugiés", a-t-il dit à des 
journalistes à Athènes. 
    Les dirigeants de l'Union européenne auront le 7 mars un 
sommet avec la Turquie sur la crise migratoire, ont confirmé au 
Parlement européen le président du Conseil européen Donald Tusk 
et celui de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. 
    Le gouvernement hongrois a pour sa part décidé d'organiser 
un référendum sur les quotas de migrants imposés par l'Union 
européenne aux Etats membres.           
 
 (Lefteris Papadimas et George Georgiopoulos; Eric Faye et Guy 
Kerivel pour le service français) 
 
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