Migrants-La Grèce favorable à une garde-côtes européenne

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    par Karolina Tagaris  
    ATHENES, 11 décembre (Reuters) - Le Premier ministre grec 
Alexis Tsipras a accueilli favorablement vendredi la proposition 
de créer une agence européenne chargée de la surveillance des 
frontières maritimes de l'Union, alors que son pays est 
confronté depuis plusieurs mois à un afflux massif de migrants. 
    Cette proposition a été avancée à l'origine par la France et 
l'Allemagne, inquiètes de l'incapacité de la Grèce à contrôler 
l'arrivée de centaines de milliers de migrants dans les îles de 
la mer Egée.  ID:nL8N13X43M  
    Reprenant cette idée, la Commission européenne propose 
qu'une future garde-côtes européenne puisse être déployée le 
long des frontières maritimes d'un Etat membre même si les 
autorités de ce pays ne l'ont pas demandé. 
    Actuellement, Frontex, l'agence chargée de la coordination 
de la surveillance aux frontières extérieures de l'UE, ne peut 
intervenir dans un pays sans y être invitée par le gouvernement 
concerné. 
    La Grèce et l'Italie, toutes deux en première ligne face au 
flot de réfugiés venant du Proche-Orient ou d'Afrique, ont été 
jusqu'ici très réservées, pour des questions de souveraineté 
nationale, sur un renforcement du contrôle des frontières par 
l'UE. 
     
    PAS DE PATROUILLES AVEC LA TURQUIE 
    L'accueil réservé par Alexis Tsipras à la proposition de 
garde-côtes européenne constitue donc une concession importante 
faite par la Grèce à Bruxelles et à Berlin. 
    "La garde-côtes européenne est la bienvenue", a dit le 
Premier ministre au Parlement. Il a cependant souligné que la 
Grèce restait en dernier lieu responsable de la garde de ses 
frontières et a redit son opposition à des patrouilles maritimes 
conjointes avec la Turquie. 
    La police grecque a évacué mercredi vers Athènes des 
centaines de migrants bloqués depuis trois semaines à la 
frontière avec la Macédoine, où ils entravaient le trafic 
ferroviaire. 
    Environ 2.300 personnes, la plupart originaires du Maroc, du 
Pakistan, d'Algérie et de Somalie, ont été conduites vers un 
complexe sportif et des bâtiments désaffectés de l'ancien 
aéroport d'Hellinikon à Athènes. Ces migrants ont trente jours 
pour quitter le pays. S'ils sont toujours en Grèce passé ce 
délai, ils seront arrêtés et expulsés. 
    Des échauffourées ont éclaté jeudi soir entre groupes de 
différentes nationalités dans le centre sportif proche d'Athènes 
et ont fait trois blessés légers, a-t-on appris de source 
policière. 
    Dans une lettre au gouvernement, quatre maires de la 
banlieue d'Athènes ont dénoncé la présence de ces "lieux 
d'accueil permanents pour immigrés illégaux". "Nous y sommes 
catégoriquement opposés (...) Nous ne permettrons pas que 
l'ancien aéroport (d'Hellinikon) devienne un espace de vie pour 
des migrants économiques", écrivent-ils notamment. 
    Le ministre grec chargé de l'Immigration, Yannis Mouzalas, a 
assuré jeudi que ces centres d'accueil n'étaient que provisoires 
et que le complexe sportif serait vidé d'ici le 17 décembre. 
 
 (Guy Kerivel pour le service français) 
 
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