Migrants-La Commission européenne présente ses propositions

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    BRUXELLES, 4 mai (Reuters) - La Commission européenne a 
présenté mercredi ses propositions en vue d'une répartition plus 
équitable des demandeurs d'asile, qui ont aussitôt été rejetées 
par plusieurs Etats membres de l'est de l'Union. 
    Pour réformer le "système de Dublin", en vertu duquel les 
demandes doivent être déposées dans le pays d'entrée dans l'UE, 
elle recommande ainsi l'adoption d'un nouveau "mécanisme 
d'équité" sur la base de quotas calculés en fonction de la 
population et de la situation économique, pour "faire en sorte 
qu'aucun Etat membre ne voie son régime d'asile subir une 
pression disproportionnée".   
    Si les demandes d'asile dépassent de 50% la valeur de 
référence d'un Etat, tous les nouveaux demandeurs pourront être 
relocalisés dans un autre Etat, explique la commission. Chacun 
des "28" pourra par ailleurs ne pas participer, à titre 
temporaire, à ce mécanisme, moyennant le paiement de 250.000 
euros par demandeur au pays d'accueil. 
    "Nous avons vu pendant cette crise comment quelques Etats 
membres seulement peuvent être exposés à une pression inouïe du 
fait des lacunes du système actuel, qui n'a pas été conçu pour 
faire face à des situations de ce type", souligne Frans 
Timmermans, premier vice-président de la Commission, dans un 
communiqué.  
    "Il n'y a tout simplement pas d'autre solution: chaque fois 
qu'un Etat membre est débordé, la solidarité doit s'exprimer et 
les responsabilités doivent être partagées équitablement au sein 
de l'UE. Telle est l'ambition de notre proposition 
d'aujourd'hui", ajoute-t-il. 
    Réunis à Prague, des membres des gouvernements polonais, 
hongrois et tchèque ont aussitôt réaffirmé leur hostilité au 
principe de répartition des demandeurs d'asile.  
    "Cela n'a pas de sens. Il s'agit d'une atteinte aux droits 
des Etats membres", s'est indigné le ministre polonais de 
l'Intérieur, Marius Blaszczak. Le ministre hongrois des Affaires 
étrangères, Peter Szijjarto a quant à lui parlé de "chantage". 
    "Au beau milieu de ces discussions très sensibles, on met 
sur la table une proposition qui nous ramène neuf mois en 
arrière et qui, par certains aspects, n'est pas conforme à la 
réalité", s'est quant à lui indigné le ministre slovaque de 
l'Intérieur, Robert Kalinak, à Bratislava.    
    Sur les 160.000 relocalisations prévues par le plan de 
répartition adopté en urgence en septembre pour alléger le 
fardeau de la Grèce et de l'Italie, seules 1.441 ont réellement 
eu lieu. 
    Le plan de la Commission, qui propose en outre des mesures 
pour accélérer l'examen des demandes et limiter les mouvements 
secondaires au sein de l'UE, doit être approuvé par les Etats 
membres et le Parlement européen, ce qui promet une âpre 
bataille. 
 
 (Gabriela Baczynska, Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
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