Migrants-L'UE salue les propositions turques, mais veut les étudier

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    * La Turquie propose de reprendre tous les migrants 
    * Ankara demande le doublement de l'aide de l'UE 
    * L'UE va étudier les propositions turques 
    * Un accord pourrait être conclu lors du prochain Conseil 
européen 
 
 (Actualisé après la fin du sommet) 
    par Gabriela Baczynska et Humeyra Pamuk 
    BRUXELLES, 8 mars (Reuters) - Les chefs d'Etat et de 
gouvernement de l'Union européenne ont salué lundi l'offre de la 
Turquie, qui propose de reprendre tous les migrants arrivés en 
Europe via son territoire, et ont donné leur accord de principe 
aux demandes d'Ankara, qui réclame en échange d'avantage d'aide 
financière et l'accélération des négociations d'adhésion. 
    Les détails de ce plan présenté par le Premier ministre turc 
Ahmet Davutoglu lors d'un sommet extraordinaire à Bruxelles 
restent toutefois à préciser et les "Vingt-Huit" souhaitent y 
travailler pour parvenir à un accord en bonne et due forme avec 
la Turquie lors de leur prochain sommet, les 17 et 18 mars. 
    La chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre 
britannique David Cameron et le président français françois 
Hollande se sont félicités de ces propositions qu'ils jugent à 
même de mettre fin à la crise migratoire.   
    Depuis début 2015, l'UE a accueilli plus d'un million de 
demandeurs d'asile fuyant la guerre et la pauvreté, notamment en 
provenance de Syrie. 
    Ahmet Davutoglu a donc annoncé à Bruxelles que la Turquie 
était prête à reprendre tous les migrants, Syriens y compris, 
arrivés en Europe via son territoire, ainsi que ceux qui sont 
interceptés dans ses eaux territoriales. 
    "Avec cette offre susceptible de changer la donne, notre 
objectif est de décourager les migrations illégales, de lutter 
contre les passeurs, d'aider les gens qui veulent venir en 
Europe en encourageant la migration légale d'une manière 
disciplinée et régulière," a-t-il déclaré lors d'une conférence 
de presse à l'issue du sommet. 
    En échange, le Premier ministre turc a demandé le doublement 
d'ici 2018 de l'aide européenne de trois milliards d'euros 
promises pour contribuer à l'accueil des réfugiés syriens en 
Turquie et l'engagement que, "pour chaque Syrien reconduit en 
Turquie depuis les îles grecques, un autre Syrien de Turquie 
serait accueilli dans un Etat membre de l'UE", selon la 
déclaration finale.   
     
    UNE SOLUTION EFFICACE ET HUMAINE 
    Ahmet Davutoglu a par ailleurs demandé à l'UE d'avancer à 
juin 2016 au plus tard la levée de l'obligation de visa pour les 
citoyens turcs, dont le principe avait déjà été accepté, à 
condition qu'Ankara respecte les 72 conditions définies. L'UE 
demande notamment la modification des règles turques 
d'attribution de visas aux ressortissants de pays musulmans et 
l'introduction de passeports biométriques. 
    Les "28" n'ont avancé aucun chiffre concernant 
l'augmentation de l'aide à l'accueil des réfugiés en Turquie et 
promettent sans plus de précisions de "se préparer à prendre le 
plus tôt possible une décision sur l'ouverture de nouveaux 
chapitres dans les négociations d'adhésion", une question 
particulière sensible pour Chypre.  
    Pour Donald Tusk, président du Conseil européen, la mise en 
oeuvre de ce plan permettra de montrer à ceux qui veulent gagner 
l'Europe pour des raisons économiques qu'il est désormais 
inutile de tenter la traversée. 
    "La vague d'émigration clandestine vers l'Europe est 
terminée", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse 
conjointe avec Ahmet Davutoglu.  
    "La proposition turque est une percée, si elle est mise en 
œuvre, pour briser casser l'idée selon laquelle il suffit de 
monter dans un bateau pour s'installer en Europe", a quant à 
elle commenté Angela Merkel, qui avait sollicité la tenue de ce 
sommet extraordinaire avant les élections régionales de dimanche 
en Allemagne. 
    François Hollande a quant à lui parlé d'une solution "à la 
fois est efficace et humaine parce qu'elle n'empêchera pas la 
réinstallation de réfugiés". 
    Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se sont par 
ailleurs engagés à aider la Grèce à régler le problème posés par 
les 30.000 migrants bloqués sur son territoire en raison de la 
fermeture des frontières sur la route des Balkans. 
     
    VOIR AUSSI:   
    L'accord UE-Turquie du 29 novembre:  ID:nL8N13O0R4 ]         
                          
    http://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2015/11/29-eu-turkey-meeting-statement/ 
 
 (Avec Jean-Baptiste Vey, Francesco Guarascio, Robert-Jan 
Bartunek, Renee Maltezou et Robin Emmott; Jean-Philippe Lefief 
pour le service français) 
 
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