Migrants: l'UE salue les propositions turques et va les étudier

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L'UE DONNE SON ACCORD DE PRINCIPE À L'OFFRE TURQUE SUR LES MIGRANTS
L'UE DONNE SON ACCORD DE PRINCIPE À L'OFFRE TURQUE SUR LES MIGRANTS

par Gabriela Baczynska et Humeyra Pamuk

BRUXELLES (Reuters) - Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont salué lundi l'offre de la Turquie, qui propose de reprendre tous les migrants arrivés en Europe via son territoire, et ont donné leur accord de principe aux demandes d'Ankara, qui réclame en échange d'avantage d'aide financière et l'accélération des négociations d'adhésion.

Les détails de ce plan présenté par le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu lors d'un sommet extraordinaire à Bruxelles restent toutefois à préciser et les "Vingt-Huit" souhaitent y travailler pour parvenir à un accord en bonne et due forme avec la Turquie lors de leur prochain sommet, les 17 et 18 mars.

La chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique David Cameron et le président français François Hollande se sont félicités de ces propositions qu'ils jugent à même de mettre fin à la crise migratoire.

Depuis début 2015, l'UE a accueilli plus d'un million de demandeurs d'asile fuyant la guerre et la pauvreté, notamment en provenance de Syrie.

Ahmet Davutoglu a donc annoncé à Bruxelles que la Turquie était prête à reprendre tous les migrants, Syriens y compris, arrivés en Europe via son territoire, ainsi que ceux qui sont interceptés dans ses eaux territoriales.

"Avec cette offre susceptible de changer la donne, notre objectif est de décourager les migrations illégales, de lutter contre les passeurs, d'aider les gens qui veulent venir en Europe en encourageant la migration légale d'une manière disciplinée et régulière," a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet.

En échange, le Premier ministre turc a demandé le doublement d'ici 2018 de l'aide européenne de trois milliards d'euros promises pour contribuer à l'accueil des réfugiés syriens en Turquie et l'engagement que, "pour chaque Syrien reconduit en Turquie depuis les îles grecques, un autre Syrien de Turquie serait accueilli dans un Etat membre de l'UE", selon la déclaration finale.

UNE SOLUTION EFFICACE ET HUMAINE

Ahmet Davutoglu a par ailleurs demandé à l'UE d'avancer à juin 2016 au plus tard la levée de l'obligation de visa pour les citoyens turcs, dont le principe avait déjà été accepté, à condition qu'Ankara respecte les 72 conditions définies. L'UE demande notamment la modification des règles turques d'attribution de visas aux ressortissants de pays musulmans et l'introduction de passeports biométriques.

Les "28" n'ont avancé aucun chiffre concernant l'augmentation de l'aide à l'accueil des réfugiés en Turquie et promettent sans plus de précisions de "se préparer à prendre le plus tôt possible une décision sur l'ouverture de nouveaux chapitres dans les négociations d'adhésion", une question particulière sensible pour Chypre.

Pour Donald Tusk, président du Conseil européen, la mise en oeuvre de ce plan permettra de montrer à ceux qui veulent gagner l'Europe pour des raisons économiques qu'il est désormais inutile de tenter la traversée.

"La vague d'émigration clandestine vers l'Europe est terminée", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse conjointe avec Ahmet Davutoglu.

"La proposition turque est une percée, si elle est mise en œuvre, pour briser et casser l'idée selon laquelle il suffit de monter dans un bateau pour s'installer en Europe", a quant à elle commenté Angela Merkel, qui avait sollicité la tenue de ce sommet extraordinaire avant les élections régionales de dimanche en Allemagne.

François Hollande a quant à lui parlé d'une solution "à la fois efficace et humaine parce qu'elle n'empêchera pas la réinstallation de réfugiés".

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se sont par ailleurs engagés à aider la Grèce à régler le problème posés par les 30.000 migrants bloqués sur son territoire en raison de la fermeture des frontières sur la route des Balkans.

(Avec Jean-Baptiste Vey, Francesco Guarascio, Robert-Jan Bartunek, Renee Maltezou et Robin Emmott; Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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  • jmlhomme il y a 9 mois

    Le probleme est avant tout un probleme d'integration. Beaucoup de turcs en France ont parfaitement integrer notre mode de vie, comme beaucoup d'autres immigrants. Mais la proportion d'integrés est elle de 10, 20, 50, 70%.... Et cette proportion d'intégration est elle de 20, 50, 80, ou 100%. Et là c'est le silence radio....car difficile

  • zzxcvb41 il y a 9 mois

    La Turquie jour beaucoup plus finement que les Europeens.C'est ca l'UE, une volonte Americaine avec un ramassis d'incompetent qui ne sont la que pour s'engraisser.

  • jean-648 il y a 9 mois

    Et en plus la Turquie veut sa place dans l'UE. Cela promet des réunions "animées" Nos politiques ne voient que le très, très court terme.

  • restif1 il y a 9 mois

    Vous aurez autant de Syriens et des Turcs en plus. Un marché de dupes