Migrants-L'UE envisage d'accroître les compétences de Frontex

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    par Gabriela Baczynska et Alastair Macdonald 
    BRUXELLES, 4 décembre (Reuters) - Face à la crise 
migratoire, l'Union européenne pourrait autoriser l'agence 
Frontex à assurer la surveillance des frontières d'un Etat 
membre afin de protéger l'espace Schengen, a-t-on appris 
vendredi de sources diplomatiques à Bruxelles. 
    Une telle décision devrait susciter une vive opposition de 
la part de certains pays soucieux de préserver leur 
souveraineté. 
    Une extension des compétences de Frontex, agence chargée de 
la coopération aux frontières extérieures de l'Union, est 
notamment souhaitée par le ministre allemand de l'Intérieur, 
Thomas de Maizière. 
    "La Commission devrait présenter une proposition dont le but 
est que Frontex puisse se substituer à un Etat national qui ne 
parvient pas à remplir d'une manière efficace ses obligations 
dans la défense des frontières extérieures", a-t-il dit à son 
arrivée à Bruxelles pour une réunion avec ses homologues 
européens. 
    Thomas de Maizière a précisé que la France et l'Allemagne 
souhaitaient un renforcement des compétences de Frontex qui, 
pour l'instant, se résument principalement à une coordination 
entre les différentes autorités frontalières nationales. 
    Les ministres de l'Intérieur discutent à Bruxelles des 
moyens de préserver l'espace Schengen au moment où la Grèce est 
critiquée par ses partenaires pour son manque d'efficacité à 
contrôler l'afflux de migrants entrant sur son territoire en 
provenance de Turquie. 
     
    "UN GRAND PAS"  
    Les traités européens prévoient une responsabilité 
souveraine des Etats sur les frontières extérieures de Schengen 
relevant de leur territoire. 
    Mais la situation de la Grèce submergée par l'arrivée de 
migrants a incité d'autres Etats membres à imposer des contrôles 
à l'intérieur de l'espace de libre circulation et à demander une 
approche plus collective concernant les frontières extérieures. 
    Face à cette situation, Athènes a accepté jeudi soir l'aide 
de l'UE pour surveiller ses frontières alors que se profilait 
une menace de suspension de la Grèce de l'espace Schengen. 
( ID:nL8N13S5H8 ) 
    Un porte-parole de la Commission européenne a précisé que 
cette dernière pourrait présenter le 15 décembre une proposition 
en faveur du déploiement de gardes-frontières et de garde-côtes 
européens. 
    "Une possibilité serait de ne pas rechercher obligatoirement 
le feu vert de l'Etat concerné pour déployer Frontex à ses 
frontières. Un vote à la majorité des 28 pays de l'Union 
pourrait suffire", a déclaré vendredi un responsable européen. 
    Pour le ministre suédois de l'Intérieur, Anders Ygeman, le 
contrôle des frontières est de la compétence de chaque Etat 
membre et il semble donc difficile d'imposer le déploiement de 
gardes européens sans le consentement du pays concerné. 
    "D'un autre côté, il faut bien protéger les frontières de 
l'espace Schengen. Si un pays n'est pas capable de surveiller sa 
propre frontière, il peut soit quitter Schengen, soit accepter 
le déploiement de Frontex", a-t-il ajouté. 
    Les ministres de l'Intérieur ont accueilli avec soulagement 
la décision d'Athènes, jeudi soir, d'accepter l'aide européenne. 
    "La Grèce assume finalement ses responsabilités", a déclaré 
la ministre autrichienne, Johanna Mikl-Leitner. "Cela faisait 
des mois que je demandais que la Grèce reconnaisse ces 
responsabilités et accepte l'aide de l'Europe. C'est un grand 
pas en avant."   
 
 (Avec Tom Koerkemeier à Berlin; Pierre Sérisier et Guy Kerivel 
pour le service français) 
 
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