Migrants-L'Otan prête à étendre son action en Méditerranée

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 (Actualisé avec commentaires de John Kerry, détails sur la 
mission) 
    par Robin Emmott et Lesley Wroughton 
    BRUXELLES, 19 mai (Reuters) - L'Otan a convenu d'étendre ses 
opérations en Méditerranée pour aider l'Union européenne à 
bloquer le trafic de migrants, a déclaré le secrétaire d'Etat 
américain John Kerry à l'issue d'une réunion avec ses homologues 
de l'Alliance jeudi à Bruxelles. 
    Le chef de la diplomatie américaine a souhaité que la 
mission de l'Otan en Méditerranée vienne appuyer la mission 
navale de l'UE, baptisée "Sophia".  
    "L'Otan peut jouer un rôle maritime en assistant Sophia afin 
d'empêcher (..) le trafic humain illégal", a déclaré John Kerry 
à la presse. 
    Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a fait 
écho aux propos de John Kerry: "Nous avons convenu que 
l'Alliance pouvait faire plus en Méditerranée", a-t-il dit en 
mentionnant plusieurs domaines où pourraient intervenir les 
bâtiments de l'Otan, notamment les renseignements.  
    L'Union européenne a déjà obtenu la mise en place en mer 
Egée, par où transitaient il y a encore quelques semaines des 
milliers de migrants et réfugiés, d'une mission conjointe 
Otan-UE, les employés de l'agence européenne de contrôle des 
frontières Frontex patrouillant dans les navires de l'Alliance. 
    Jens Stoltenberg a annoncé que les Etats-Unis allaient 
fournir un bâtiment pour cette mission, qui comprend des navires 
allemands et canadiens et a déjà refoulé une centaine de bateaux 
de migrants depuis son lancement en février dernier.  
     
    QUE FAIRE DES MIGRANTS ? 
    Les responsables européens redoutent cependant que les 
migrants, refoulés de Grèce, reprennent la traversée de la Libye 
vers l'Italie.  
    La mission "Sophia" est cantonnée aux eaux internationales, 
trop éloignées des côtes pour intercepter les trafiquants qui 
naviguent dans les eaux libyennes. 
    La mission de l'Otan en Méditerranée, baptisée "Active 
Endeavour", a été mise sur pied après les attentats du 11 
septembre 2001 aux Etats-Unis.  
    L'UE et l'Otan soulignent qu'elles pourraient opérer plus 
près des côtes libyennes, mais il leur faudrait pour cela le feu 
vert des autorités libyennes.  
    Un autre obstacle concerne le sort des migrants une fois 
qu'ils ont été récupérés en mer et qui ne peuvent retourner en 
Libye en raison de la situation chaotique qui règne dans le 
pays. "C'est l'une des questions importantes que nous devons 
examiner", a reconnu Jens Stoltenberg.  
    L'Otan a également étudié la possibilité d'une assistance 
accrue au nouveau gouvernement d'union en Libye dirigé par Fayez 
Seraj, trois jours après que les principales puissances 
mondiales réunies à Vienne ont proposé de lui apporter leur 
aide. 
    Les ministres des Affaires étrangères de l'Alliance ont 
ainsi discuté de la manière dont l'Otan pourrait aider à la mise 
en place d'un ministère de la Défense en Libye, et dont elle 
pourrait collaborer avec l'UE pour former des policiers, des 
douaniers et des garde-côtes.   
    Le Royaume-Uni préférerait que cette formation se déroule en 
Libye alors que l'Allemagne ne veut pas déployer ses hommes dans 
le pays et souhaite que l'instruction ait lieu en Tunisie.  
    Un responsable du département d'Etat américain a indiqué 
qu'une proposition avait été faite par l'Otan au gouvernement 
libyen au sujet de la formation des forces de sécurité mais que 
ce dernier, soucieux d'affirmer son indépendance, n'avait pas 
encore engagé de discussions officielles à ce sujet. 
 
 (Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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