Migrants: Initiative Paris-Berlin pour que Frontex prenne la main

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    par Alastair Macdonald 
    BRUXELLES, 8 décembre (Reuters) - L'Allemagne et la France 
ont proposé que l'agence européenne Frontex ait la possibilité, 
au moins théorique, de prendre en charge la surveillance des 
frontières extérieures de l'Union européenne même sans y être 
invitée par le gouvernement de l'Etat membre concerné. 
    L'initiative, qui vise en particulier la Grèce, traduit un 
durcissement des positions face à la crise des réfugiés, la plus 
grave qu'ait vécue l'Europe depuis la fin de la Deuxième Guerre 
mondiale. 
    Dans une lettre adressée la semaine dernière à la Commission 
européenne et consultée mardi par Reuters, les ministres 
français et allemand de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve et Thomas 
de Maizière, écrivent que "dans des circonstances 
exceptionnelles, Frontex devrait être en mesure, de sa propre 
initiative et sous sa propre responsabilité, de déployer aux 
frontières des équipes de réaction rapide". 
    La lettre des deux ministres est datée de jeudi dernier, à 
la veille d'une réunion des ministres de l'Intérieur des 
Vingt-Huit. A son arrivée à Bruxelles pour ce conseil 
ministériel, De Maizière avait plaidé pour une extension des 
compétences de Frontex, l'agence chargée de la coopération aux 
frontières extérieures de l'Union. 
    "La Commission devrait présenter une proposition dont le but 
est que Frontex puisse se substituer à un Etat national qui ne 
parvient pas à remplir d'une manière efficace ses obligations 
dans la défense des frontières extérieures", avait-il dit, 
précisant que Paris et Berlin souhaitaient un renforcement des 
compétences de Frontex. (voir  ID:nL8N13T34U ) 
    La proposition franco-allemande ne vise pas un pays en 
particulier, mais constitue une réponse à une frustration 
croissante face à l'incapacité des autorités grecques, en 
première ligne dans la crise, à contrôler la frontière sud-est 
de l'espace Schengen. 
    De Maizière et Cazeneuve estiment aussi que la Grèce et 
l'Italie, autre pays de "première arrivée", doivent retenir tous 
les migrants dans des "centres de réception" "aussi longtemps 
que nécessaire" pour étudier leurs demandes d'asile et vérifier 
leurs déclarations. 
    La question migratoire sera de nouveau abordée au plus haut 
niveau lors du prochain sommet des chefs d'Etat et de 
gouvernement, les 17 et 18 décembre à Bruxelles. 
    De source européenne, on indique que la Commission Juncker 
devrait probablement appuyer un plan assez semblable à celui 
exposé par Berlin et Paris. Il inclurait la proposition d'une 
nouvelle Agence européenne de garde-côte et des frontières qui 
pourrait être déployée sans invitation d'un Etat.     
    Le plan de la Commission est attendu pour le 15 décembre. 
    Les traités européens prévoient une responsabilité 
souveraine des Etats sur les frontières extérieures de Schengen 
relevant de leur territoire. Mais la situation de la Grèce 
submergée par l'arrivée de migrants a incité d'autres Etats 
membres à imposer des contrôles à l'intérieur de l'espace de 
libre circulation et à demander une approche plus collective 
concernant les frontières extérieures. 
 
 (Pierre Sérisier, Guy Kerivel et Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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