Migrants: incidents à la frontière entre la Grèce et la Macédoine

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    par Alexandros Avramidis 
    IDOMENI, Grèce, 29 février (Reuters) - Des policiers 
macédoniens ont fait usage lundi de grenades lacrymogènes pour 
disperser des centaines de migrants qui tentaient de forcer la 
frontière avec la Grèce au point de passage d'Idomeni. 
    Ces incidents sont une nouvelle illustration de l'incapacité 
des Européens à surmonter leurs divergences face à la plus grave 
crise humanitaire de ces dernières décennies sur leur 
territoire. 
    La Grèce, en première ligne, a installé dans l'urgence de 
nouveaux centres d'accueil après les décisions de l'Autriche et 
d'autres pays situés sur la "route migratoire des Balkans" de 
mettre en place des restrictions à leurs frontières. 
    On estimait lundi à 22.000 le nombre de migrants et de 
réfugiés ainsi bloqués en Grèce, certains dormant dehors dans le 
centre d'Athènes, d'autres regroupés dans un aéroport désaffecté 
ou sur certains sites des Jeux olympiques de 2004. 
    Au total, le gouvernement d'Alexis Tsipras redoute que 
50.000 à 70.000 migrants et réfugiés se retrouvent "piégés" sur 
le territoire grec dans les semaines à venir en raison du 
renforcement des contrôles imposés à leurs frontières par des 
Etats des Balkans et d'Europe centrale, a déclaré dimanche le 
ministre grec de la Migration, Yannis Mouzalas. 
    L'an dernier, plus d'un million de migrants ont transité par 
la Grèce avant de poursuivre leur périple vers le coeur de 
l'Europe, principalement en Allemagne. Plusieurs nations 
européennes ont reproché à Athènes de se contenter de les 
laisser passer, sans mettre en oeuvre les dispositions prévues 
comme l'enregistrement des demandeurs d'asile. 
    "Ces gens ne veulent pas rester ici. Même si nous avions un 
système en place pour qu'ils puissent rester ici de façon 
permanente, cela ne fonctionnerait pas", a plaidé le ministre 
grec du Transport maritime, Thodoris Dritsas. 
    A Idomeni, petite localité rurale à la frontière entre la 
Grèce et la Macédoine, ils sont désormais plusieurs milliers à 
attendre dans des conditions précaires. Des ONG parlent de 7.000 
personnes. Des incidents ont été signalés entre des familles de 
réfugiés se battant pour des tentes. 
    Lundi, une bousculade s'est produite lorsqu'une rumeur a 
couru selon laquelle les autorités macédoniennes avaient ouvert 
la frontière. C'est à ce moment-là que les force de l'ordre ont 
fait usage de gaz lacrymogène, a rapporté un journaliste de 
Reuters. 
    S'exprimant à Genève, le ministre macédonien des Affaires 
étrangères, Nikola Poposki, a fait état d'une coopération 
"encourageante" mais encore insuffisante avec les autorités 
grecques. "Transférer la responsabilité d'une frontière à la 
suivante n'est clairement pas la solution", a-t-il ajouté devant 
le Conseil des droits de l'homme de l'Onu. 
 
 (avec Lefteris Karagiannopoulos à Athènes; Jean-Philippe Lefief 
et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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