Migrants-Des Européens divisés cherchent à s'entendre avec Ankara

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    * Début du Conseil européen de Bruxelles 
    * Merkel prédit des discussions "compliquées" 
    * Hollande veut un accord "global" incluant une aide à la 
Grèce 
 
    BRUXELLES, 17 mars (Reuters) - Les dirigeants de l'Union 
européenne ont entamé jeudi un sommet à Bruxelles pour surmonter 
leurs divisions afin de trouver ensuite avec la Turquie une 
solution pérenne pour tarir le flux de migrants qui frappe à la 
porte de l'Europe. 
    Au début de ce rendez-vous crucial sur un sujet qui 
déstabilise l'Union européenne, la chancelière Angela Merkel a 
prédit à son arrivée au Conseil européen des "discussions 
intensives" et des "négociations compliquées".  
    François Hollande a appelé de ses voeux un accord "global" 
donnant des "garanties" vis-à-vis d'Ankara et prévoyant une aide 
financière pour la Grèce, où se massent quelque 140.000 réfugiés 
qui souhaitent passer dans d'autres pays de l'UE.      
    "Je n'accepterai un accord que s'il est global, et je crois 
qu'il le sera, que si des garanties sont posées (...) et si la 
Grèce est aidée", a-t-il déclaré devant la presse, soucieux de  
"dire clairement aux Européens que nous pouvons apporter une 
réponse commune à la question très grave des réfugiés". 
    Le sujet a fait l'objet d'une rencontre préalable entre le 
président français, la chancelière allemande et le Premier 
ministre grec, Alexis Tsipras. Ce dernier a demandé de l'aide 
pour son pays et une solution de long terme pour les réfugiés.   
    "Nous sommes ici aujourd'hui pour tenter de réduire ou de 
faire cesser le flux de migrants illégaux en provenance de la 
Turquie vers les îles grecques mais aussi pour trouver une 
solution pour les réfugiés de Turquie", a-t-il dit.   
    Au terme de dix jours de négociations intenses, le président 
du Conseil européen, Donald Tusk, s'est dit "plus prudent 
qu'optimiste" sur les chances de finaliser avec la Turquie 
l'accord dont les grandes lignes avaient été tracées le 7 mars.  
    "L'accord doit être acceptable pour l'ensemble des 28 pays, 
qu'ils soient grands ou pays", a-t-il déclaré en référence à 
Chypre, membre de l'Union dont les différends historiques avec 
la Turquie constituent un obstacle de taille.  
     
    QUESTION DES VISAS  
    Nicosie refusera l'ouverture de nouveaux chapitres de 
négociation avec la Turquie en vue d'une adhésion à l'UE tant 
qu'Ankara ne remplira pas certaines conditions.  
    "La Turquie doit ouvrir ses ports et ses aéroports (au 
trafic chypriote) et normaliser ses relations avec Chypre, ce 
qu'elle ne fait pas", a répété le président chypriote Nicos 
Anastasiades à la chaîne de télévision Euronews.  
    Outre l'accélération du processus d'adhésion de la Turquie à 
l'UE, l'accord du 7 mars prévoit une hausse de l'aide de l'Union 
européenne -- jusqu'à six milliards d'euros -- et la 
libéralisation des visas pour les citoyens turcs. 
    Est aussi prévu le retour en Turquie de toutes les personnes 
arrivant illégalement sur les îles grecques de la mer Egée via 
la Turquie selon le principe du "un pour un": pour chaque Syrien 
ainsi reconduit en Turquie, un Syrien réfugié en Turquie serait 
accueilli dans un Etat membre de l'Union. 
    L'idée est de décourager les candidats à l'exil, qui meurent 
parfois en mer et viennent gonfler les camps de réfugiés. 
    En an, plus d'un million de personnes en provenance du 
Moyen-Orient, le plus souvent chassées par la guerre et 
totalement démunies, sont arrivés aux portes de l'Europe.   
    Le président de la Commission européenne, Jean-Claude 
Juncker, s'est dit "assez confiant" sur les chances d'un accord 
à Bruxelles, où les Européens seront rejoints vendredi matin par 
le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu. 
    Le projet d'accord soulève des questions juridiques, 
notamment en ce qui concerne le système "un pour un".  
    Plusieurs pays, dont la France, ont en outre des exigences 
en matière de levée des visas pour les Turcs alors qu'Ankara ne 
remplit pas les 72 critères fixés par l'Union européenne.   
    "Les visas ne pourront être libéralisés que si tous les 
critères (...) sont respectés", a répété François Hollande.    
 
 (Elizabeth Pineau, avec Renee Matlezou, Paul Taylor, Alastair 
MacDonald, édité par Yves Clarisse) 
 
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