Migrants-Berlin veut rétablir les contrôles aux frontières-Bild

le , mis à jour à 17:23
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(actualisé avec Bild, autres citations de Gabriel, et chiffre d'arrivée en Autriche) BERLIN/MUNICH, 13 septembre (Reuters) - Le gouvernement allemand souhaite rétablir à titre provisoire les contrôles frontaliers, face à l'afflux massif de réfugiés, ce qui contreviendrait aux accords de Schengen, écrit dimanche le journal Bild. La mesure concernerait tout d'abord la frontière entre l'Allemagne et l'Autriche, pays par lequel transitent les réfugiés arrivant via la Hongrie, ajoute le journal. Le gouvernement allemand n'a pour l'heure pas réagi aux informations de Bild, d'après lequel le Land de Bavière a demandé l'aide de la police fédérale pour contrôler la frontière. Le journal à grand tirage, qui cite des sources proches des services de sécurité, écrit que la police fédérale va déployer 2.100 agents en Bavière pour surveiller la frontière. Le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, par ailleurs chef de file du SPD et ministre de l'Economie, a estimé dimanche que l'Allemagne atteignait désormais ses limites en termes de capacité d'accueil de migrants. "C'est vrai: l'absence de décisions européennes dans la crise des réfugiés accule l'Allemagne à la limite de ses possibilités", dit-il dans une interview parue sur le site internet du Tagesspiegel. Le gouvernement allemand s'attend à l'arrivée de 800.000 migrants sur son sol cette année. "Ce n'est pas tant le nombre de réfugiés que la rapidité avec laquelle ils arrivent qui fait que les Länder et les municipalités ont tant de mal à faire face", a-t-il continué. En outre, estime-t-il, "Il est inacceptable que des centaines de milliards d'euros puissent être mobilisés en l'espace de quelques semaines pour sauver des banques et que la communauté internationale ne puisse pas réunir une fraction de cette somme pour sauver des gens". PRAGUE NE VEUT PAS ENTENDRE PARLER DE QUOTAS Le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière, a estimé dimanche que les réfugiés affluant massivement en Europe ne devaient pas pouvoir choisir eux-mêmes où ils s'installent. L'Allemagne, économie la plus riche d'Europe, attire nombre de personnes fuyant la guerre et la misère en Syrie et en d'autres points du Moyen-Orient et en Afrique. Selon la police, 13.000 migrants sont arrivés à Munich durant la seule journée de samedi et 1.400 nouveaux arrivants ont été comptabilisés dimanche matin à la gare centrale de la capitale bavaroise. "Nous ne pouvons pas permettre que les réfugiés choisissent librement où ils veulent rester. Ce n'est le cas nulle part ailleurs dans le monde", déclare le ministre allemand dans une interview que publie le journal Der Tagesspiegel. "Notre devoir n'est pas de verser des allocations prévues par le droit allemand à des réfugiés qui ont été attribués à un autre pays de l'UE et qui, ensuite, viennent malgré cela en Allemagne", ajoute Thomas de Maizière. Les ministres de l'Intérieur des 28 pays de l'Union européenne doivent se retrouver lundi à Bruxelles pour débattre des propositions de la Commission européenne de répartir environ 160.000 demandeurs d'asile à travers les Etats membres. Le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, a déclaré dimanche que son pays ne pouvait pas revenir sur sa position consistant à rejeter le principe de quotas obligatoires de migrants fixés pour les Etats membres de l'UE. "J'estime qu'il est impossible de revenir sur notre position (concernant les quotas). Notre position est ferme et définitive", a-t-il dit à la télévision nationale. REDUIRE LES ALLOCATIONS Les tensions montent en Allemagne, où les Länder se plaignent du fardeau de plus en plus lourd provoqué par le plus important afflux de réfugiés en Europe depuis des décennies. Pour le commissaire européen à l'Economie numérique et à la société, l'Allemand Günther Oettinger, l'Allemagne doit revoir à la baisse les allocations qu'elle verse aux demandeurs d'asile, afin d'attirer moins de réfugiés. "Les allocations versées aux demandeurs d'asile en Allemagne doivent être ajustées, de sorte qu'elles s'alignent sur celles versées dans les autres pays de l'UE", dit-il dans les colonnes du Welt am Sonntag. "Nous devons harmoniser les versements faits aux demandeurs d'asile en Europe, car s'il y a des différences au sein de l'UE, cela crée de mauvais stimulants", ajoute-t-il. Depuis le 31 août, 63.000 réfugiés sont arrivés à Munich et de l'avis de l'administrateur bavarois Christoph Hillenbrand, Munich ne pourra pas indéfiniment faire face à un tel afflux. "Il n'est pas viable pour nous d'accueillir chaque jour l'équivalent de la population d'une petite ville. Sur un plan logistique, ce n'est tout bonnement plus tenable", ajoute-t-il. De son côté, le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a plaidé dimanche pour la mise en place de centres d'accueil et de contrôle aux frontières extérieures de l'espace Schengen, face à l'afflux massif de réfugiés, en provenance notamment du Proche-Orient (voir ID:nL5N11J0BA ). En Autriche, 6.000 migrants étaient arrivés en milieu d'après-midi depuis le début de la journée, et le nombre total pour la journée de dimanche pourrait dépasser les 10.000, ce qui serait un record sur une période de 24 heures depuis qu'Allemagne et Autriche ont ouvert leurs frontières voici plus d'une semaine, a déclaré un porte-parole de la police autrichienne. (Michelle Martin, Jens Hack et Francois Murphy; Eric Faye pour le service français)

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  • alain95 le dimanche 13 sept 2015 à 17:55

    On ne comprend plus rien à la politique migratoire de l"Allemagne.Elle guele contre La Hongrie parce qu'elle ferme ses frontières. Elle guele contre La Grèce parcequ'elle ne controle pas assez ses frontières et maintenant elle veut fermer ses propres frontières Jamais vu une politique plus inconséquente.