Migrants-Angela Merkel critiquée par son allié bavarois

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MUNICH, Allemagne, 20 novembre (Reuters) - Le refus d'Angela Merkel de fixer une limite au nombre de migrants entrant en Allemagne a été contesté vendredi par le chef de la CSU, son parti allié en Bavière, qui a affirmé que le gouvernement risquait de perdre le soutien de la population. Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur vendredi, plus de 900.000 réfugiés et migrants ont été enregistrés en Allemagne depuis le début de l'année. La plupart arrivent par la Bavière. La chancelière allemande, qui a prononcé un discours au congrès annuel de l'Union chrétienne-sociale (CSU), a déclaré que l'Union européenne pourrait sortir plus forte de la crise des réfugiés si elle relevait le défi. "Si nous voulons cela, nous devons travailler de toutes nos forces pour une solution européenne et internationale (...) par laquelle nous partagerons le fardeau en Europe et avec nos voisins", a déclaré Angela Merkel qui fêtera dimanche ses dix ans au pouvoir. La CSU est l'allié bavaroise de la CDU, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti conservateur d'Angela Merkel. Pour réduire le nombre de réfugiés arrivant en Europe, il faut mieux gérer les nouvelles arrivées aux frontières de l'Allemagne, améliorer les conditions dans les camps de réfugiés en Turquie et faire cesser l'activité des passeurs, a déclaré la chancelière. "Avec cet engagement, nous gérerons mieux le nombre de réfugiés qu'en fixant un plafond unilatéralement de notre côté" a-t-elle ajouté. Le président de la CSU, Horst Seehofer, qui s'exprimait juste après elle, a insisté sur la nécessité d'un plafond. "(...) Nous n'aurons pas l'approbation du peuple sur le long terme si nous ne décidons pas d'une limite à l'immigration des réfugiés ", a-t-il déclaré sous les applaudissements. La crise des réfugiés a écorné la popularité d'Angela Merkel. Alors qu'en avril dernier, 75% des Allemands disaient approuver son travail, ils ne sont plus aujourd'hui que 49% à penser de la sorte, selon un sondage Infratest Dimap publié la semaine dernière. Angela Merkel, qui a elle-même dit que le dossier des réfugiés était le plus difficile pour elle, a dit dans son discours vendredi que l'Allemagne était à ses yeux très solide. "L'Allemagne est notre patrie, l'Europe est notre avenir, même si cela nous ennuie parfois", a-t-elle dit. "Aujourd'hui, notre pays est plus fort que jamais." (Andreas Rinke; Danielle Rouquié pour le service français)

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