Michelin prévoit un rebond des volumes en 2014

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MICHELIN PRÉVOIT UN REBOND DES SES VENTES EN VOLUME EN 2014
MICHELIN PRÉVOIT UN REBOND DES SES VENTES EN VOLUME EN 2014

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Michelin a annoncé mardi tabler sur un rebond de ses volumes de ventes en 2014 mais s'est gardé de faire une prévision de bénéfice opérationnel pour l'année en cours, toujours marquée par d'importantes incertitudes sur le marché des changes.

Le fabricant de pneumatiques, dont les volumes ont stagné en 2013, compte également verser un dividende de 2,50 euros au titre de l'année écoulée, contre 2,40 euros l'exercice précédent, portant désormais de 30% à 35% le taux de distribution de son résultat.

Michelin a confirmé sa prévision d'un résultat opérationnel de 2,9 milliards d'euros avant éléments non récurrents à l'horizon de son plan stratégique 2015, tout en précisant que l'objectif qu'il maintenait était exprimé "en parités moyennes 2012."

Il n'a en revanche pas donné de prévision de résultat pour l'année en cours, hormis celle d'un cash flow libre structurel supérieur à 500 millions d'euros, après 599 millions en 2012 et 749 millions en 2013, un niveau atteint notamment grâce à la baisse des coûts des matières premières.

L'effet de la baisse du caoutchouc naturel et du pétrole devrait encore être positif à hauteur de 300 millions d'euros au premier semestre.

L'impact négatif de la hausse de l'euro face à plusieurs devises émergentes est estimé quant à lui aujourd'hui au même niveau que 2013, quand il a pesé pour 230 millions d'euros sur le résultat opérationnel.

"Cette question de tourmente monétaire est quelque chose de significatif (...) contre quoi nous ne pouvons pas faire grand chose", a déclaré Jean-Dominique Senard, président de Michelin, au cours d'une conférence de presse. "Ce phénomène est lourd, très erratique, c'est pour cela que j'aime bien vous parler aujourd'hui de nos résultats intrinsèques, hors variations de changes."

PAS D'AUTRE PROJET DE RESTRUCTURATION AUJOURD'HUI

L'effet devises a contribué à faire baisser de 7,8% l'an dernier le résultat opérationnel du groupe à 2,23 milliards d'euros, tandis que le bénéfice net, part du groupe, a chuté de 24,4% à 1,13 milliard.

Ce dernier a également été affecté par les charges correspondant à la restructuration engagée par le groupe, notamment en France où Michelin a décidé d'arrêter la fabrication de pneus poids-lourds sur son site d'Indre-et-Loire.

Interrogé sur d'autres mesures de restructuration, Jean-Dominique Senard a répondu qu'"aujourd'hui nous n'avons aucun projet particulier de ce type" au-delà des plans de compétitivité engagés en Europe.

Au total, l'effectif mondial de Michelin s'est contracté de 1.600 personnes l'an dernier dans le monde, à 105.700.

Les ventes nettes de Michelin ont baissé de 5,7% à 20,25 milliards d'euros, conséquence notamment des pressions sur les prix qui se sont traduites par un effet prix-mix négatif de 516 millions d'euros.

La hausse du cash flow libre après investissement en 2013, à 1,15 milliard d'euros contre 1,07 milliard en 2012, a quant à elle permis au groupe de ramener sa dette nette à un niveau historiquement bas de 142 millions d'euros l'an dernier, contre plus d'un milliard l'année précédente.

Prié de dire si ce quasi-désendettement augurait de nouvelles manoeuvres de croissance externe, Jean-Dominique Senard a fait une réponse prudente. "Oui, et pourquoi pas. Mais ce n'est pas parce que nous avons de l'argent et la souplesse financière qu'il faut faire n'importe quoi et à n'importe quel prix", a-t-il dit.

Il a ajouté que si des perspectives d'acquisition devaient se présenter, ce serait sans doute en Asie lorsque le marché commencera à se consolider.

Edité par Jean-Michel Bélot

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