Michel Winock : l'Europe, "une grande utopie concrète"

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Michel Winock est historien. Son dernier livre paru est Les Derniers Feux de la Belle Époque (Seuil).
Michel Winock est historien. Son dernier livre paru est Les Derniers Feux de la Belle Époque (Seuil).

Le Point : Quelles réflexions vous inspire l'échéance des élections européennes dans un climat de relative défiance civique ?

Michel Winock : L'Union européenne est en panne, et cette panne, devenue sensible en 2005 avec le rejet du traité constitutionnel, aggravée par la crise économique et financière, appelle une refondation. Je n'ai pas qualité pour en proposer la voie et les méthodes ; je crois pouvoir dire simplement, en historien, que le temps est nécessaire à cette unification des peuples, qui n'est pas le fait de la conquête mais d'une construction volontaire. En ce sens, je veux me garder pour ma part de deux écueils répandus : soit l'optimisme paresseux, qui s'en remet à une invérifiable providence historique, soit le catastrophisme, qui postule la fin certaine de l'entreprise européenne en raison de sa crise présente. Ma conviction, c'est que la volonté des gouvernements, appuyée sur celle des citoyens, peut relancer la collectivité européenne. La route sera longue encore, mais ce vaste mouvement de convergence, déjà largement entamé, peut se targuer d'avoir redonné à l'Europe une vertu d'exemplarité.

Vous vous démarquez du pessimisme eurosceptique, aujourd'hui si répandu. Pourquoi ?

Parce que je ne me situe pas dans l'immédiat, j'observe les grandes évolutions, les mouvements lourds de l'Histoire. La fin des guerres séculaires qui ont ravagé le continent, la décolonisation, la démocratisation des...

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