Michel Sapin veut pénaliser les licenciements boursiers

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Michel Sapin veut pénaliser les licenciements boursiers
Michel Sapin veut pénaliser les licenciements boursiers

PARIS (Reuters) - Michel Sapin, pressenti pour devenir ministre de l'Economie dans le prochain gouvernement de gauche en France, entend pénaliser les licenciements qualifiés de "boursiers", destinés à améliorer la rentabilité et non à préserver l'activité.

Des plans de réductions d'effectifs mis sous l'éteignoir durant la campagne présidentielle sont redoutés après l'entrée en fonction du président élu, François Hollande.

General Motors a annoncé mercredi envisager de vendre son usine strasbourgeoise et Carrefour pourrait annoncer ce jeudi des réductions d'effectifs.

Interrogé sur France Inter sur le dossier General Motors, Michel Sapin a estimé qu'il fallait "engager le bras de fer avec la direction (...), qu'ils prennent en compte qu'il y a une forme de morale dans la vie économique".

"Respecter ses salariés fait partie des éléments, des valeurs qui doivent animer une grande entreprise", a-t-il dit.

Il a annoncé de possibles réformes législatives.

"Nous mettrons en place des dispositions qui renchériront les licenciements dits de caractère boursier, pour au fond, si ce n'est les interdire, en tous cas les rendre extrêmement onéreux", a-t-il dit.

Cette annonce semble aller plus loin que les propositions de François Hollande, qui avait dit envisager de faire adopter pendant l'été une nouvelle disposition contraignant les sociétés qui se délestent de certaines de leurs usines à les revendre à un repreneur, pour éviter qu'elles ne les ferment afin de les soustraire à de potentiels concurrents.

Michel Sapin a confirmé que la nouvelle équipe appelée à prendre le pouvoir redoutait une vague de plans de suppressions d'effectifs, précisant qu'il pense difficile d'enrayer cette vague dans l'immédiat.

"Je veux que ça s'inverse, mais pas dans les quelques mois qui viennent parce que oui, y compris sous pression politique, un certain nombre d'entreprises ont repoussé à plus tard des plans de licenciements", a-t-il dit.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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  • p-mart le jeudi 10 mai 2012 à 14:15

    Imaginez un peu l'enthousiasme des investisseurs (français et surtout etrangers) devant une telle loi. On préserve l'emploi existant et on se coupe de toute chance d'en créer de nouveaux. A contre courant de ce que font nos voisins pour sortir de la crise, ce qui va amplifier l'effet negatif en France. Vieux dogmes socialistes.

  • manix75 le jeudi 10 mai 2012 à 13:14

    "Quand les gros maigrissent, les pauvrent meurent" (Confucius)

  • axfapi le jeudi 10 mai 2012 à 12:29

    charlot

  • bordo le jeudi 10 mai 2012 à 12:25

    Pour qualifier de "boursier" le licenciement, quels vont être les critères en droit ? est-il interdit de gagner trop d'argent pour par exemple le réinvestir dans la R&D qui fait les emplois futurs ? Je souhaite beaucoup de plaisir aux juristes, aux inspecteurs du travail, aux juges et aux salariés.

  • mjjmimi le jeudi 10 mai 2012 à 12:17

    Ah les bonnes intentions! l'enfer en est pavé. Mais ça rapporte des voix, qui elles rapportent des postes et du pouvoir. Les "classes populaires" (?) seront comme d'hab les cocus de ces élections.

  • manix75 le jeudi 10 mai 2012 à 12:07

    Les entreprises auront vite fait de détourner ce genre de loi crétine ! Il suffira de modifier leur statut juridique ou de se mettre en liquidation !