Michel Sapin confiant sur un rebond et sur le climat social

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MICHEL SAPIN CONFIANT SUR UN REBOND ET SUR LE CLIMAT SOCIAL
MICHEL SAPIN CONFIANT SUR UN REBOND ET SUR LE CLIMAT SOCIAL

par Yann Le Guernigou et Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français espère que l'accord sur une réforme du marché du travail servira d'accélérateur pour les embauches des entreprises une fois que la reprise économique sera là, au deuxième semestre 2013, a déclaré vendredi Michel Sapin.

Le ministre du Travail, qui s'exprimait lors d'une rencontre avec la rédaction de Reuters, a indiqué en outre que les futures négociations sur une nouvelle convention de l'assurance chômage devraient prendre en compte l'objectif de retour à l'équilibre global des finances publiques.

Quant à la réforme du financement de la protection sociale, un autre chantier au menu d'un agenda social 2013 très chargé, il a exprimé son "extrême réticence" sur toute nouvelle hausse des prélèvements obligatoires.

Pour Michel Sapin, l'accord patronat-syndicats conclu en fin de semaine passée sur une réforme du marché du travail, qui introduit plus de flexibilité pour les entreprises en échange de plus de sécurité pour les salariés, est "décisif" pour l'image de la France à l'étranger.

"Je pense que le regard va changer et qu'on arrêtera de considérer que la France est simplement une histoire de 75%", dit-il dans une allusion à la surtaxe sur les très hauts salaires du budget 2013 que le Conseil constitutionnel a invalidée.

Il attend deux effets de cet accord. A court terme, il permettra, avec ses dispositions sur le maintien de l'emploi, que "le licenciement ne soit plus la valeur d'ajustement automatique lorsqu'une entreprise rencontre des difficultés".

Puis, combiné au crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi et à des mesures comme le contrat de génération, il doit servir d'"accélérateur" pour les embauches des entreprises dès que la reprise viendra.

TRANSCRIPTION FIDÈLE

"C'est d'autant plus décisif que, au cours du deuxième semestre de cette année, il va y avoir le rebond. L'enjeu pour nous est que, quand ce vent-là commence à souffler, même faiblement, il y ait la décision d'embauches, voire même de l'anticipation", indique-t-il.

Le ministre du Travail présentera le 6 mars en conseil des ministres un projet de loi transposant les dispositions de cet accord signé par le patronat et trois syndicats - CFDT, CFE-CGC et CFTC -, qui sera examiné début avril par le Parlement.

Malgré les critiques du Front de gauche et d'une partie de l'aile gauche du Parti socialiste, il s'est dit confiant que le gouvernement parviendrait, sans recours à des "méthodes contraignantes", à faire voter un texte respectant les équilibres de l'accord.

Il a fait valoir notamment que le bureau national du PS avait approuvé par 28 voix contre 5 une déclaration soulignant que le parti sera "particulièrement attentif à une transcription fidèle de cet accord dans la loi".

"C'est dans les meilleures conditions que nous allons faire en sorte que cet accord soit adopté sans que son équilibre soit modifié", a-t-il prédit.

Malgré l'opposition résolue de la CGT et de Force ouvrière, Michel Sapin n'entrevoit pas de risque de blocage et se fait fort de souligner que les deux syndicats n'ont à aucun moment menacé de claquer la porte des négociations.

"Est-ce que ça peut aboutir à une situation sociale tendue? Je ne crois pas sur ces sujets-là. Après, il peut y avoir des situations sociales ponctuelles dans des entreprises ou autres, mais ce n'est en tout cas pas la volonté des partenaires sociaux."

PAS DE HAUSSE DES PRÉLÈVEMENTS

Après le marché du travail, le gouvernement abordera en 2013 avec les partenaires sociaux d'autres gros morceaux, une réforme des retraites et le financement de la protection sociale.

Pour les premières, "une bonne partie de l'année 2013 sera mise à profit pour une concertation autour de quelle réforme ? en utilisant quels outils ? quels moyens ? quelles évolutions?"

"Vous connaissez tous les curseurs qui peuvent être bougés pour permettre qu'il y ait, si ce n'est un retour à l'équilibre, en tous les cas une perspective de financement pérenne de nos régimes de retraite", indique le ministre.

S'agissant de la réforme du financement de la protection sociale, il s'est déclaré défavorable à tout basculement vers la fiscalité. "Nous sommes extrêmement réticents, pour ne pas dire plus, à toute évolution qui aboutirait à une hausse des prélèvements obligatoires", a déclaré Michel Sapin.

Et s'il est possible de faire évoluer le panier des prélèvements finançant la protection sociale, par exemple en y incluant de la fiscalité écologique, "ce serait pour se substituer à autre chose, pas pour en rajouter une couche".

Le ministre du Travail a enfin estimé que les partenaires sociaux ne pouvaient se démarquer de l'objectif d'équilibre global des finances publiques à l'horizon 2017 quand ils discuteront de la nouvelle convention d'assurance chômage pour remplacer celle qui arrive à échéance fin 2013, avec un déficit de l'Unedic prévu à 5 milliards d'euros cette année.

"On s'est donné des objectifs de retour à l'équilibre global des finances publiques, ça fait partie des retours à l'équilibre qui sont nécessaires. Les partenaires sociaux en sont conscients !"

Edité par Sophie Louet

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  • M2280901 le vendredi 18 jan 2013 à 16:33

    ça pue le sapin pour notre économie , faut vider nos comptes et investir à l'étranger avant que les communistes ne volent tout

  • M8310930 le vendredi 18 jan 2013 à 16:28

    Quel guignol ce sapin! Confiant dans un rebond, il est bien le seul! Avec l'arsenal anti-économique que ces socialos ont déversé sur la France, il espère encore un rebond. Oui, peut-être, de 0,035%...Même le dernier accord syndicats patronnat n'apporte que pinuts à l'économie. Le seul moyen d'améliorer notre performance est d'augmenter le temps de travail et de baisser les charges. C'est simple non!Question méthode coué et langue de bois, il doit être number One ce sapin de malheur!

  • M2280901 le vendredi 18 jan 2013 à 16:11

    climat social il a dit : ben oui des allocs aux immigrés pour leur permettre d'aller au Mali

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