Michel Platini dénonce un "simulacre de procédure" de la Fifa

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    PARIS, 11 décembre (Reuters) - Michel Platini a accusé 
vendredi la commission d'éthique de la Fifa de se livrer à un 
"simulacre de procédure" depuis la suspension de 90 jours 
prononcée à son encontre le 8 octobre dans le cadre d'une 
rémunération dont il a bénéficié de la part de la fédération 
internationale. 
    Le président de la Fifa Sepp Blatter est également suspendu 
pour la même durée dans le cadre de cette affaire sur laquelle 
enquête l'instance mondiale du football afin de déterminer la 
régularité du versement en 2011 à Michel Platini de deux 
millions de francs suisses (environ 1,8 million d'euros) pour 
une mission effectuée entre 1998 et 2002. 
    La commission d'éthique doit se prononcer sur une sanction 
éventuelle des deux dirigeants à l'issue d'un débat 
contradictoire et d'une audience prévus le vendredi 18 décembre. 
    Dans un communiqué, le patron de l'UEFA affirme que la 
commission d'éthique a déjà statué sur son sort sans avoir 
entendu ses explications. L'ancien capitaine de l'équipe de 
France "dénonce fermement ces pratiques qui mettent au grand 
jour le simulacre de procédure dont il est l'objet depuis des 
semaines". 
    Cette déclaration du Français intervient en réaction à des 
propos tenus par Andreas Bantel, un des porte-parole de la Fifa, 
qui estimait vendredi après-midi sur le site lequipe.fr que 
"dans ce dossier, la question de la corruption  était  bien 
fondée". 
    Andreas Bantel ajoutait que si l'argument de corruption 
n'était pas retenu contre Michel Platini et Sepp Blatter, se 
posait la question de plusieurs autres délits "comme le conflit 
d'intérêt, la gestion déloyale ou la falsification des comptes". 
    "Tout ceci réuni suffira naturellement à suspendre Blatter 
et Platini pour plusieurs années", ajoutait le porte-parole 
avant de conclure, "Platini sera certainement suspendu pour 
plusieurs années. Quant à Blatter (âgé de 79 ans), il n'y a pas 
de différence pour lui entre plusieurs années et un bannissement 
à vie". 
    Pour les avocats du dirigeant français, ces déclarations 
constituent une violation de la présomption d'innocence et 
démontrent que la commission d'éthique poursuit un "objectif 
politique". 
     
    ESPOIRS DOUCHÉS 
    La chambre d'instruction de la commission d'éthique de la 
Fifa a requis le mois dernier une radiation à vie de 
l'organisation à l'encontre du Français mais la publication 
dimanche dernier par le Journal du dimanche d'un rapport 
présenté en 1998 lors d'une réunion du comité exécutif de l'UEFA 
accréditait depuis la version du président de la confédération 
européenne. 
    Les déclarations d'Andreas Bantel viennent glacer les 
espoirs de Michel Platini en laissant entendre qu'une sanction 
est très probable voire presque acquise dans ce dossier, ce qui 
condamnerait les ambitions à court terme de ce dernier. 
    Le patron de l'UEFA espère toujours briguer la succession de 
Sepp Blatter à la tête de la Fifa lors d'un congrès électif 
extraordinaire le 26 février. 
    Cette perspective demeure envisageable après l'arrêt rendu 
vendredi mardi par le Tribunal arbitral du sport (TAS) qui avait 
été saisi en appel de la suspension infligée par la commission 
d'éthique. 
    La juridiction sportive a, certes, décidé de maintenir la 
sanction pour la durée de 90 jours prévue dans la décision de la 
commission d'éthique du 8 octobre mais elle enjoint à la Fifa de 
ne pas imposer une prolongation au-delà du 5 janvier, comme cela 
est possible. 
    Les statuts de la fédération internationale prévoient qu'une 
prolongation de 45 jours peut être ordonnée en cas de 
"circonstances exceptionnelles". 
    Le TAS explique dans un communiqué avoir "déterminé que le 
maintien de la suspension provisoire en cours n'était pas 
susceptible de causer un dommage irréparable à Michel Platini 
pour le moment". ( ID:nL8N1401G7 ) 
    Le tribunal précise qu'une levée immédiate de la suspension 
demandée par le président de l'UEFA ne lui aurait apporté aucune 
garantie que sa candidature à la présidence de la Fifa aurait 
été validée par la Fédération internationale d'ici au 5 janvier, 
date avant laquelle elle s'est engagée à rendre un jugement sur 
le fond. 
      
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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