Michel Platini dénonce un "simulacre de procédure" de la FIFA

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MICHEL PLATINI PARLE DE "SIMULACRE DE PROCÉDURE" DE LA FIFA
MICHEL PLATINI PARLE DE "SIMULACRE DE PROCÉDURE" DE LA FIFA

PARIS (Reuters) - Michel Platini accuse la commission d'éthique de la FIFA de se livrer à un "simulacre de procédure" depuis la suspension de 90 jours prononcée à son encontre le 8 octobre dans le cadre d'une rémunération dont il a bénéficié de la part de la fédération internationale.

Le président de la FIFA, Sepp Blatter, est également suspendu pour la même durée dans le cadre de cette affaire sur laquelle enquête l'instance mondiale du football afin de déterminer la régularité du versement en 2011 à Michel Platini de deux millions de francs suisses (environ 1,8 million d'euros) pour une mission effectuée entre 1998 et 2002.

La commission d'éthique doit se prononcer sur une sanction éventuelle des deux dirigeants à l'issue d'un débat contradictoire et d'une audience prévus le vendredi 18 décembre.

Dans un communiqué, le patron de l'UEFA affirme que la commission d'éthique a déjà statué sur son sort sans avoir entendu ses explications. L'ancien capitaine de l'équipe de France "dénonce fermement ces pratiques qui mettent au grand jour le simulacre de procédure dont il est l'objet depuis des semaines".

Cette déclaration du Français intervient en réaction à des propos tenus par Andreas Bantel, un des porte-parole de la FIFA, qui estimait vendredi sur le site lequipe.fr que "dans ce dossier, la question de la corruption [était] bien fondée".

Andreas Bantel ajoutait que si l'argument de corruption n'était pas retenu contre Michel Platini et Sepp Blatter, se posait la question de plusieurs autres délits "comme le conflit d'intérêt, la gestion déloyale ou la falsification des comptes".

"Tout ceci réuni suffira naturellement à suspendre Blatter et Platini pour plusieurs années", ajoutait le porte-parole avant de conclure, "Platini sera certainement suspendu pour plusieurs années. Quant à Blatter (âgé de 79 ans), il n'y a pas de différence pour lui entre plusieurs années et un bannissement à vie".

Pour les avocats du dirigeant français, ces déclarations constituent une violation de la présomption d'innocence et démontrent que la commission d'éthique poursuit un "objectif politique".

ESPOIRS DOUCHÉS

La chambre d'instruction de la commission d'éthique de la FIFA a requis le mois dernier une radiation à vie de l'organisation à l'encontre du Français mais la publication dimanche dernier par Le Journal du dimanche d'un rapport présenté en 1998 lors d'une réunion du comité exécutif de l'UEFA accréditait depuis la version du président de la confédération européenne.

Les déclarations d'Andreas Bantel viennent glacer les espoirs de Michel Platini en laissant entendre qu'une sanction est très probable, voire presque acquise dans ce dossier, ce qui condamnerait les ambitions à court terme de ce dernier.

Le patron de l'UEFA espère toujours briguer la succession de Sepp Blatter à la tête de la FIFA lors d'un congrès électif extraordinaire le 26 février. Cette perspective demeure envisageable après l'arrêt rendu vendredi mardi par le Tribunal arbitral du sport (TAS) qui avait été saisi en appel de la suspension infligée par la commission d'éthique.

La juridiction sportive a, certes, décidé de maintenir la sanction pour la durée de 90 jours prévue dans la décision de la commission d'éthique du 8 octobre mais elle enjoint la FIFA de ne pas imposer une prolongation au-delà du 5 janvier, comme cela est possible.

Les statuts de la fédération internationale prévoient qu'une prolongation de 45 jours peut être ordonnée en cas de "circonstances exceptionnelles".

Le TAS explique dans un communiqué avoir "déterminé que le maintien de la suspension provisoire en cours n'était pas susceptible de causer un dommage irréparable à Michel Platini pour le moment".

Le tribunal précise qu'une levée immédiate de la suspension demandée par le président de l'UEFA ne lui aurait apporté aucune garantie que sa candidature à la présidence de la FIFA aurait été validée par la Fédération internationale d'ici au 5 janvier, date avant laquelle elle s'est engagée à rendre un jugement sur le fond.

(Pierre Sérisier)

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