Michel Maffesoli : rites piaculaires

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La société est en train de comprendre qu'une autre époque est en train de naître, et a besoin de se déplacer pour venir le clamer, estime Michel Maffesoli.
La société est en train de comprendre qu'une autre époque est en train de naître, et a besoin de se déplacer pour venir le clamer, estime Michel Maffesoli.

Durkheim, au travers d'une expression quelque peu absconse : rites piaculaires, rappelait la nécessité pour chaque société de pleurer ensemble. Et ce, pour conforter le corps social. Les émotions partagées servant, régulièrement, à cimenter le sentiment d'appartenance. Les prétextes sont variables, compétitions sportives, catastrophes naturelles, événements sanglants (Mondial de football, tsunami, mort accidentelle d'une princesse anglaise...). Le résultat est, lui, invariable : rappeler à l'animal politique qu'il est de son essence d'être avec. Même si ce social, on y reviendra, est, parfois, en profonde mutation. Voilà bien ce qu'il faut avoir à l'esprit pour apprécier, avec lucidité, les immenses et spontanées réactions populaires aux folies meurtrières (carnage à Charlie Hebdo, assassinat à Montrouge et à l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, élimination des terroristes) ayant ensanglanté la France ces derniers jours. Il faut, pour cela, d'une part négliger l'ignorante légèreté de la plupart des observateurs sociaux. Ils se contentent de quelques incantations incertaines, de mots prononcés au nom d'une vérité abstraite, paroles magiques n'ayant aucune justesse quant à la vie vécue. D'autre part, il faut accepter de reconnaître que penser est difficile. C'est pourquoi la majorité de ces observateurs préfère juger. D'où les discours moralistes dont on est abreuvé : "Words, words, words...". La décadence d'une...

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