Michel Barnier souhaiterait négocier le Brexit en français

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    BRUXELLES, 21 octobre (Reuters) - Michel Barnier, 
négociateur en chef de la Commission européenne pour le Brexit, 
souhaite que le français soit la langue de travail utilisée lors 
des tractations avec les Britanniques, a-t-on appris vendredi de 
source proche de la "task force" européenne.  
    L'ancien ministre français des Affaires étrangères et 
commissaire européen insiste pour que sa langue natale soit 
utilisée lors des réunions et dans les documents de négociation, 
a-t-on indiqué en marge du premier Conseil européen auquel 
assistait la Première ministre britannique, Theresa May.  
    Interrogée sur la question, une porte-parole de l'UE a 
déclaré qu'il ne s'agissait pas de la ligne officielle : "Il n'y 
pas de langue spécifique attachée aux négociations." 
    Une porte-parole de Theresa May n'a pas souhaité faire de 
commentaire en l'absence de requête formelle à ce sujet.  
    Theresa May s'est engagée à officialiser la sortie du 
Royaume-Uni de l'Union européenne avant mars 2017, ce qui 
ouvrira formellement les négociations entre Londres et l'UE.  
    L'anglais est la principale langue de travail de l'UE depuis 
que les pays du nord et de l'est de l'Europe ont intégré le 
bloc. Les équipes internationales qui travaillent à Bruxelles 
ont l'habitude de s'exprimer en anglais. Même les Français et 
les Allemands communiquent entre eux principalement en anglais.  
    De nombreux diplomates à Bruxelles parlent français 
couramment mais les ministres et élus britanniques partagent 
avec leurs compatriotes le privilège de figurer parmi les 
linguistes les moins doués d'Europe. 
    Des responsables européens impliqués dans la préparation des 
négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne 
disent ne pas être au courant de cette décision d'employer le 
français en priorité. Mais ils notent que l'équipe de Michel 
Barnier, qui compte une quinzaine de membres et aucun 
Britannique, dialogue principalement en français.  
    Le nom de Michel Barnier, qui parle couramment l'anglais, 
n'a pas été accueilli très favorablement par certains 
responsables britanniques lors de sa nomination par le président 
de la Commission, Jean-Claude Juncker. Des commentateurs ont 
même parlé de "déclaration de guerre".  
    En tant que commissaire européen au Marché intérieur, entre 
2010 et 2014, Michel Barnier a entretenu des liens difficiles 
avec Londres, alors qu'il cherchait à réguler davantage le 
secteur financier. Un journal britannique l'avait nommé le 
"fléau de la City".  
    Certains responsables européens ont laissé entendre que 
l'anglais pourrait perdre son statut de langue officielle de 
l'UE, avec l'allemand et le français, en conséquence du Brexit. 
Mais personne ne lui voit réellement de concurrente. 
 
 (Francesco Guarascio, Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français, édité par Gilles Trequesser) 
 
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  • M3039634 il y a 5 mois

    La Pologne, prête à s'arrimer à la GB et aux US, choisit l'anglais comme langue de travail au sein de l'UE. Mais Monsieur Barnier a raison d'adopter le français.

  • ANOSRA il y a 5 mois

    Et bien, s'ils ne sont déjà pas d'accord sur la langue, on n'est pas sortis de l'auberge...espagnole bien sûr !