Meyer : " C'est comme embrasser sa soeur "

le , mis à jour à 22:15
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Meyer : " C'est comme embrasser sa soeur "
Meyer : " C'est comme embrasser sa soeur "

Très déçu par la défaite mais extrêmement fier de la progression de ses joueurs pendant cette Coupe du monde, Heyneke Meyer a tenu à féliciter les All Blacks pour leur victoire en demi-finales ce samedi. Et le sélectionneur des Boks avoue avoir du mal à penser à la petite finale.

Heyneke Meyer, comment avez-vous trouvé votre équipe ?
On a fait une première mi-temps parfaite. On a maîtrisé notre jeu, on était disciplinés à 100 % et on a su bien mettre la pression au tableau d’affichage. Je crois qu’on ne s’est pas bien adaptés aux conditions pluvieuses de la deuxième mi-temps. On a fait plus de fautes et ça a fait la différence entre une victoire et une défaite.

Par rapport au premier match contre le Japon, vos joueurs ont radicalement changé de visage…
Je suis très fier. Personne ne nous donnait plus aucune chance. Mais les gars ont redressé la tête et les jeunes joueurs ont montré beaucoup de maturité. En tant qu’entraîneur, l’idéal aurait été de gagner bien sûr, plutôt que de terminer si près. On a eu notre chance et on n’a pas su la saisir. On aurait dû aller en finale, ce n'est jamais satisfaisant de perdre.

« Impatient de voir le futur du rugby sud-africain »

Comment envisagez-vous votre avenir personnel ?
Vous voyez, j'ai pris des cheveux gris, mais comme je l’ai toujours dit je suis là pour servir. Je prends les choses au jour le jour. Je voulais seulement donner de la fierté à mon pays, et pas pour moi, pour l’équipe. Je pense sincèrement qu’on avait notre chance mais on avait en face une équipe parfaitement rôdée. 80 à 90 % des joueurs de notre équipe devraient avoir encore l’occasion de jouer une Coupe du Monde. Beaucoup de ces joueurs sont les Dan Carter de demain, des joueurs de classe mondiale. Ça me rend impatient de voir le futur du rugby sud-africain.

Que signifie cette défaite pour vous ?
Je la prends pour moi. Il y a une ou deux situations que j’aurais pu mieux gérer, mais c’est un grand honneur de servir son pays. Perdre de un point ou de 50 points, c’est pareil pour moi. Que ce soit pour un point ou pour 100 points, ça fait toujours mal. Félicitations aux All Blacks.

« Mentalement, c’est très dur »

Qu’avez-vous dit à Steve Hansen à la fin du match ?
J'ai toujours pensé qu'un champion sur le terrain l'est aussi en dehors. Je lui ai juste dit « bien joué, vous étiez meilleurs et bonne chance pour la finale. » C’est pour des moments comme celui-là que j'entraîne et il n’y pas grand-chose à dire. Il faut garder la tête haute, être humble dans la victoire et savoir rendre hommage dans la défaite.

Il vous reste encore un match, pour la troisième place…
Mentalement, c’est très dur. Ça ne signifie rien pour moi. C’est comme embrasser sa sœur.

Propos recueillis par notre envoyé spécial à Londres, Jean-François Paturaud

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