Mexique-Arrestation d'un ex-maire dans l'affaire des étudiants

le
0

MEXICO, 4 novembre (Reuters) - La police mexicaine a appréhendé mardi un ancien maire et son épouse, tous deux en fuite, soupçonnés d'être les instigateurs de l'enlèvement fin septembre de 43 étudiants qui ont probablement été assassinés. Jose Luis Abarca, ancien maire d'Iguala dans l'Etat de Guerrero, et sa femme Maria de los Angeles Pineda ont été interpellés dans une maison de Mexico mardi matin et sont interrogés par la justice, a précisé un responsable gouvernemental. Les deux fuyards ont été retrouvés dans le quartier d'Iztapalapa, l'un des plus violents de la capitale mexicaine, où, selon la presse locale, ils se cachaient depuis plusieurs semaines. Le gouvernement mexicain soupçonne le couple d'être à l'origine de l'enlèvement d'un groupe de 43 étudiants, en formation pour devenir professeurs, le 26 septembre dernier à Iguala. Le maire aurait ordonné à la police municipale d'appréhender un groupe d'environ 80 étudiants qui, selon lui, étaient venus dans sa ville afin de perturber un rassemblement politique prévu dans la soirée. Les policiers locaux, aidés par un groupe de trafiquants de drogue les Guerreros Unidos, auraient alors enlevé les étudiants après des heurts qui ont fait six morts, dont trois étudiants. L'incident avait provoqué des réactions violentes dans l'Etat de Guerrero. Selon les enquêteurs, la police locale aurait remis les étudiants enlevés aux narcotrafiquants. Selon le témoignage d'un membre du gang arrêté par les forces de sécurité mexicaines, les jeunes gens auraient été exécutés et enterrés dans une fosse commune. Trois jours après les faits, Abarca et sa femme, issue de la famille dirigeant le groupe de narcotrafiquants, avaient disparu. Les corps carbonisés de 38 personnes ont été retrouvés dans un charnier sur les hauteurs entourant la ville d'Iguala, mais le sort des 43 étudiants n'a pas été clairement établi pour l'instant. L'affaire a provoqué d'importantes manifestations au Mexique pour dénoncer l'incapacité du gouvernement à rompre les liens unissant certains membres de la classe politique et le crime organisé. (Dave Graham; Pierre Sérisier pour le service français) ;))

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant