Meurtre sur l'A13: la cour d'assises se retire pour délibérer

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Après deux semaines de débats, la cour d'assises des Yvelines s'est retirée vendredi matin pour délibérer dans le procès de l'autoroute A13, où neuf jeunes hommes sont jugés pour avoir battu à mort en 2010 un automobiliste à la suite d'un banal accrochage.

Sollicités une dernière fois par le président de la cour, Pierre Pélissier, les accusés sont restés peu bavards, se contentant de quelques mots d'excuses. "Mes condoléances à la famille, j'espère qu'elle va pouvoir commencer son deuil", a murmuré l'un d'eux. Aucun n'est revenu sur son geste.

La cour va tenter d'établir les responsabilités et trancher: les auteurs présumés sont-ils venus ou non avec l'intention de tuer '

Ils sont poursuivis pour meurtre, un chef d'accusation passible de 30 ans de réclusion criminelle, mais le président Pélissier a annoncé qu'il poserait lors du délibéré la question d'une éventuelle requalification des faits en "coups mortels" ou en "coups mortels en réunion", punissables de 20 ans de prison maximum.

Une jeune femme comparaît pour sa part pour violences volontaires et non assistance à personne en danger.

Certaines paroles prononcées au cours de la rixe mortelle pourraient peser lourd dans l'esprit des jurés. "+On va vous crever, on va vous enterrer devant votre mère+. Ces mots sont gravés à jamais dans nos têtes", ont souligné à plusieurs reprises au cours du procès la mère, l'épouse et les frères de la victime, tous présents au moment du drame.

"Nous attendons la vérité dans le verdict", a dit l'un d'eux à la suspension d'audience, "nous sommes très éprouvés par ce procès très long".

"J'espère que les accusés seront condamnés pour ce qu'ils ont fait, c'est-à-dire pour meurtre. Le verdict ne doit pas être un signe de banalisation de la violence", a déclaré à l'AFP Me Francis Szpiner, avocat des parties civiles.

"Volonté de tuer"'

La violence du meurtre de Mohamed Laidouni, un imprimeur de 30 ans sans histoires, a été au coeur des débats. La victime a été "exécutée", "ils l'ont lynchée au sol", a asséné mercredi l'avocate générale pour justifier les lourdes peines requises.

La magistrate a demandé de 14 à 30 ans de réclusion criminelle contre huit des accusés et quatre ans de prison, dont un avec sursis, contre la jeune femme. Enfin, quatre ans de prison, dont deux avec sursis, ont été requis contre le dernier jeune mis en cause.

"Aucun n'a voulu la mort de Mohamed. Ils sont abasourdis par les conséquences de leurs actes", a plaidé Me Jean-Christophe Tymoczko, l'un des conseils de la défense. "Personne ne savait pourquoi il était là et personne n'avait d'armes. Il n'y avait pas de volonté de tuer", a martelé Me Aurélien Barbaut.

Les accusés se sont montrés peu coopératifs au cours du procès. Certains ont promis "de dire toute la vérité" et assuré ne pas avoir peur de "balancer", mais, au final, ils n'ont livré que peu d'explications.

Fratrie très nombreuse, parcours scolaire chaotique, casier judiciaire chargé, pères parfois polygames: les débats ont mis en évidence les similitudes entre les agresseurs présumés. Les jeunes, dont le père est d'origine mauritanienne ou sénégalaise, habitaient la cité, réputée difficile, des Musiciens aux Mureaux (Yvelines), et se connaissent depuis toujours.

Les faits remontent au 27 juin 2010. Une Renault Clio heurte sur l'autoroute la voiture d'une famille qui part en vacances. Les véhicules, légèrement éraflés, s'arrêtent sur la bande d'arrêt d'urgence.

Rapidement le ton monte. La conductrice à l'origine de l'accident refuse d'établir un constat amiable. Son passager, par téléphone, appelle des amis en renfort. Quelques minutes plus tard, une dizaine de personnes arrivent sur les lieux.

Mohamed Laidouni est violemment projeté contre une glissière de sécurité et roué de coups sous les yeux de sa mère, de ses frères et de sa femme.

Pour l'énoncé du verdict, un important dispositif policier est prévu autour du tribunal correctionnel de Versailles afin de prévenir d'éventuels débordements.

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  • M801513 le vendredi 19 avr 2013 à 16:48

    "Ils sont abasourdis par les conséquences de leurs actes" Ca veut dire qu'ils ne comprennent pas que tuer quelqu'un c'est quelque chose d'horrible, donc s'ils ne comprennent pas, ça ne devrait pas les gêner de recommencer...d'ailleurs, ça se voit aucune excuses réelles de leur part. 30 ans de prisons devraient être en plus une peine incompressible.

  • M2141043 le vendredi 19 avr 2013 à 16:47

    par pitié retirez les allocs et autres rmi a ces "gens là" que la république se reveille enfin ! et qu'on me traite pas de raciste, la victime s'appelle Mohamed !

  • Mig737 le vendredi 19 avr 2013 à 16:18

    Que les peines soient exemplaires, y'en a assez de cette violence gratuite et le fait que ces meurtriés aient eu une enfance difficile ne justifie en rien cet acte de barbarie.

  • shalomSa le vendredi 19 avr 2013 à 16:03

    Tué pour rien c est lamentable pauvre France Napoléon si il voyait cela