Meurtre de l'avocat Sollacaro en Corse, trois mises en examen

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TROIS MISES EN EXAMEN POUR LE MEURTRE DE L'AVOCAT SOLLACARO EN CORSE
TROIS MISES EN EXAMEN POUR LE MEURTRE DE L'AVOCAT SOLLACARO EN CORSE

AJACCIO (Reuters) - Trois hommes liés au grand banditisme ont été mis en examen jeudi soir à Marseille dans l'enquête sur l'assassinat de l'avocat Antoine Sollacaro en octobre dernier à Ajaccio, en Corse du Sud, rapporte le quotidien Corse-Matin.

Les suspects interpellés samedi dernier, qui sont selon la police "des membres actifs de la bande ajaccienne du 'Petit Bar'", sont tous poursuivis pour "association de malfaiteurs" et ont été placés en détention provisoire, précise-t-on de source policière.

Mickaël Ettori, 39 ans, est mis en examen pour assassinat, de même qu'André Bacchiolelli, 46 ans. Ce dernier a été vu par un policier en train de jeter à la mer un pistolet Glock 9 mm de sa chambre au moment de son arrestation.

Tous deux avaient notamment été condamnés en 2010 par le tribunal correctionnel de Marseille pour un trafic de cannabis par hélicoptère de grande envergure entre le Maroc et Béziers.

Le troisième homme, Pascal Porri, 40 ans, est mis en cause pour le recel de la moto qui a servi aux tueurs. Il a été notamment condamné pour une tentative d'assassinat contre l'ancien leader nationaliste corse passé au football Alain Orsoni, en 2008.

Il était équipé d'un bracelet électronique le 16 octobre 2012, jour où Me Sollacaro a été assassiné par deux hommes casqués et armés sur un deux-roues de marque allemande.

"Mes clients nient les faits qui leur sont reprochés et je rappelle la présomption d'innocence qui est capitale dans ce dossier pour qu'ils ne soient pas des cibles vivantes", a déclaré à Reuters leur conseil, Me Leslie Landrieux, du barreau de Paris.

L'enquête a établi que la moto qui a servi aux tueurs, retrouvée le 5 décembre par les gendarmes dans le maquis à 40 km d'Ajaccio, avait été achetée en 2006 en Hongrie et volée à un Ajaccien en 2007.

Du 27 au 29 mars dernier, la police judiciaire a interpellé au total onze personnes à Marseille, Paris et Ajaccio. Parmi elles, un fonctionnaire de police et l'ancien propriétaire de la moto, tous deux ensuite mis hors de cause.

A l'issue des gardes à vue, deux garagistes et un mécanicien soupçonnés ont été placés sous le statut de témoin assisté. "Ils ont vraisemblablement effectué des modifications sur le deux-roues volé mais ignoraient qu'il servirait à un assassinat", a dit un enquêteur.

Les trois membres de la bande du "Petit Bar", selon la police, ont, eux, été interpellés le 30 mars.

Père de deux enfants, Me Antoine Sollacaro, 63 ans, avait entre autres été le conseil d'Yvan Colonna, condamné pour le meurtre en février 1998 du préfet de Corse Claude Erignac.

En 2012, 19 homicides ont été commis en Corse - le tiers des règlements de comptes au plan national. Depuis le 1er janvier, on a dénombré sept homicides dans l'île.

Roger Nicoli, édité par Guy Kerivel

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