Mester (Fed) aimerait voir évoluer la communication sur les taux

le
0

PITTSBURGH, 4 septembre (Reuters) - La Réserve fédérale doit faire évoluer sa communication avancée sur les taux d'intérêt afin de mieux refléter les progrès réalisés vers ses objectifs économiques, a déclaré jeudi la nouvelle présidente de l'antenne de Cleveland de la Fed, Loretta Mester. "Je pense qu'il est encore temps pour le Comité (de politique monétaire) de reformuler sa 'forward guidance'", a-t-elle déclaré lors de sa première intervention publique depuis sa prise de fonction le 1er juin. Elle a fait état de signes encourageants sur le front de l'inflation, notant que le taux d'inflation devrait revenir à 2% dans les deux ans, et a estimé que la Fed devrait attendre que les salaires suivent les prix à la hausse, plutôt que l'inverse. Loretta Mester, qui dispose d'un droit de vote cette année au comité de politique monétaire (Fomc) a ajouté que la banque centrale devait "naviguer vers des mers plus normales", même si la taille de son bilan compliquera la normalisation. La Fed s'en tient pour le moment à son engagement de maintenir les taux à leur niveau actuel pour une "période de temps considérable" après la fin de son programme de rachat d'actifs - une formulation que la nouvelle patronne de la Fed de Cleveland veut voir changer. "Je pense qu'évoluer vers une communication plus claire sera bénéfique, surtout au moment où on normalise (la politique monétaire)", a-t-elle dit lors d'une conférence à Pittsburgh. Le taux des fed funds est proche de zéro depuis décembre 2008 et n'a plus été modifié depuis. La banque centrale a par parallèlement engagé trois programmes d'assouplissement quantitatif, dont le dernier doit prendre fin en octobre. Avant sa nomination à Cleveland, Loretta Mester était directrice de la recherche à la Banque de Réserve de Philadelphie et à ce titre elle travaillait pour Charles Plosser, le président de la Fed de Philadelphie qui est un "faucon" bien connu de la banque centrale, partisan depuis longtemps d'une remontée rapide des taux d'intérêt. Loretta Mester s'est montrée moins catégorique sur la question, se bornant à dire que la Fed finirait par pouvoir se passer de ses mesures accommodantes. "Mais même avec la fin du programme de rachat d'actifs, le bilan de la Fed restera considérable, avec des actifs d'une maturité inhabituellement longue, et cela compliquera le processus de normalisation", a-t-elle dit. Le bilan de la Fed s'élève actuellement à environ 4.500 milliards de dollars (3.500 milliards d'euros) contre 1.000 milliards avant la crise financière de 2008. (Michael Flaherty, Véronique Tison pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant