Messi ou le charisme des pieds

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C'est la critique qui revient à chaque fois avec Leo Messi : il ne lui manque qu'un minimum de personnalité pour être complet. Mais faut-il nécessairement du caractère, du charisme pour traverser les âges ?

Dernièrement, c'est Maradona qui glissait à l'oreille de Pelé : "C'est une bonne personne, mais il n'a pas de personnalité. Il n'a pas la personnalité pour être un leader." Avant ça, c'était Véron, dans le livre El chico que siempre llegaba tarde y que hoy es primero, qui racontait au journaliste argentin Leonardo Faccio : "Quand il est fâché, il ne te regarde pas dans les yeux. Leo est un garçon qui s'assoit toujours dans le coin. Il ne fait rien de particulier, il n'utilise pas de bandage, même pas de chevillère. " Et puis, c'est aussi Fabián Casas, auteur argentin, qui pourrait parler des heures de littérature, de héros, de football et ne voit en Messi qu'un homme normal. Son argumentaire sur le manque d'intérêt du petit bonhomme de Rosario remporte les suffrages.


En voici un extrait : "Il ne se démarque jamais, ne dit rien, ne cherche rien, et la chose la plus bizarre qu'il ait faite dans sa vie, c'est de se mettre un smoking avec un nœud pap' qu'aurait pu porter Bob Dylan. On dirait une machine envoyée par le futur. Au fond, c'est un cyborg, un homme qui aurait dû être nain et qui a été construit par des laboratoires. Messi est au football ce qu'est Flaubert à la littérature. Flaubert est un écrivain incroyable. Tout est parfait, tu ne peux pas lui dire : "Eh, tu aurais dû changer la fin de Madame Bovary." Pourtant, il y a chez Flaubert quelque chose de métallique, un peu comme quand tu goûtes un Coca light. À l'inverse, Tolstoï, comme Maradona, comporte un tas d'erreurs. Mais c'est terriblement épique, tu oublies tout et tu sais juste que tu es en train de lire un truc incroyable. Voilà, Maradona était un joueur épique. Messi n'est qu'un joueur extraordinaire."

Leo, l'élu


Depuis qu'il a commencé à prendre de l'altitude, il est sanctifié pour son jeu balle au pied, mais crucifié pour son manque d'aura. Ses tatouages, sa teinture blonde et rousse, ses costumes à pois n'y font rien. Leo pourrait être l'élu, mais il ne le veut pas. Ce n'est pas un héros de roman.

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