MES-Des doutes sur la gestion de la dette grecque à long terme

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    BRUXELLES, 9 mai (Reuters) - Des doutes sérieux se 
manifestent quant aux possibilités de gestion de la dette 
grecque sur le long terme, lit-on dans un document du Mécanisme 
européen de stabilité (MES), alors même que les ministres des 
Finances de la zone euro discutent des moyens de gérer le 
service de cette même dette. 
    Le document du MES, préparé pour la réunion de l'Eurogroupe 
de ce lundi, précise que, suivant le scénario principal, la 
croissance économique de la Grèce serait de 3,1% en 2018, de 
2,8% en 2019, de 2,5% en 2020, de 1,5% en 2025 et de 1,3% de 
2030 à 2060. 
    Athènes parviendrait à dégager un excédent budgétaire 
primaire, soit hors service de la dette, de 3,5% du PIB de 2018 
à 2025. Après quoi, il diminuerait pour rester à 1,5% de 2040 à 
2060. 
    Si ce scénario se concrétisait, la zone euro, principal 
créancier de la Grèce, pourrait assurer la gestion de la dette 
grecque sur la durée en: 
    - prorogeant de cinq ans l'échéance maximale pondérée à 37,5 
ans; 
    - reprofilant le tableau d'amortissement en établissant les 
remboursements des prêts à 1% du PIB jusqu'en 2015 et en 
pratiquant un amortissement linéaire au-delà; 
    - plafonnant l'intérêt perçu sur la Grèce à 2%, toute partie 
supérieure à 2% étant reportée jusqu'en 2050. L'intérêt cumulé 
et capitalisé serait ensuite versé par tempéraments égaux. 
     
    HUIT MILLIARDS D'EUROS 
    Le document, dont Reuters a pris connaissance, envisage 
aussi la possibilité de restituer à la Grèce les bénéfices 
engrangés par la Banque centrale européenne (BCE) sur ses avoirs 
en dette grecque jusqu'en 2026, ce qui équivaudrait à un 
versement de l'ordre de huit milliards d'euros. 
    Une autre éventualité serait de rembourser par anticipation 
les prêts au Fonds monétaire international (FMI) car ils sont 
bien plus chers que ceux du MES. 
    Ce dernier pourrait ainsi racheter les prêts du FMI en 
employant l'argent non employé pour le renflouement de la Grèce. 
Le mécanisme a en effet dépensé une vingtaine de milliards 
d'euros de moins que prévu dans la recapitalisation du secteur 
bancaire grec. 
    Le MES prend pour hypothèse que le FMI débourserait six 
milliards d'euros pour la Grèce dans le cadre du dernier 
renflouement. De ce fait, Athènes devrait au Fonds 17,6 
milliards d'euros en 2018, lorsque le plan de renflouement sera 
arrivé à échéance. 
    Suivant ce scénario, le coût annuel du service de la dette 
pourrait rester inférieur à 15% du PIB jusqu'à la fin des années 
2030 et en deçà de 20% par la suite. 
    Toutefois, des scénarios moins favorables "nécessiteraient 
des mesures de bien plus grande ampleur pour assurer la gestion 
durable de la dette", lit-on dans le document. 
    Suivant un scénario où la croissance serait moindre et la 
diminution de l'excédent primaire plus prononcée que dans le cas 
du scénario principal, la zone euro devrait proroger l'échéance 
moyenne des prêts à la Grèce de 10 ans au moins et l'assortir de 
la restitution des bénéfices obligataires de la BCE et du rachat 
des prêts du FMI.  
 
 (Jan Strupczewski; Wilfrid Exbrayat pour le service français) 
 
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