Mertens, joker de luxe

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Mertens, joker de luxe
Mertens, joker de luxe

Certains évoqueront le coaching gagnant de Marc Wilmots. D'autres le relâchement coupable de la défense de l'Algérie. Peu importe finalement dans quel camp on se situe, on ne peut qu'être raccord sur une chose : un homme est à l'origine de la transformation du jeu de la Belgique mardi à Belo Horizonte. Et ce joueur, c'est Dries Mertens. Pas forcément le plus connu des Diables Rouges mais l'un des plus efficaces depuis plusieurs mois avec sa sélection. Technique, vif et percutant, le joueur de 27 ans a pourtant connu des hauts et des bas au cours d'une carrière qui le mène aujourd'hui à Naples. A l'image de Mathieu Valbuena en France, son gabarit (1m64) l'a longtemps handicapé dans sa progression. Il faut dire que le football belge regorge de joueurs de petite taille. Difficile de tirer son épingle du jeu dans ces conditions. Mais l'intéressé ne lâche pas et tire les bénéfices de sa formation à Anderlecht pour percer aux Pays-Bas. D'abord à l'AGOVV Aperdoorn, dans l'antichambre de l'Eredivisie, avant de prendre son envol à Utrecht puis au PSV Eindhoven. Il sera même élu deuxième meilleur joueur du championnat néerlandais en 2010 derrière Luis Suarez.

Accrochage médiatique avec Wilmots

Le début d'une nouvelle carrière et d'une notoriété grandissante. C'est d'ailleurs à cette époque qu'il vit sa première sélection avec la Belgique. Il mettra ensuite un peu de temps à s'y imposer. Malgré une préparation de qualité, c'est d'ailleurs dans la peau d'un remplaçant qu'il débutera le match contre l'Algérie. Marc Wilmots n'a, parait-il, jamais vraiment digéré la sortie médiatique de Mertens après un match contre la Macédoine en mars 2013 où, furieux d'être remplacé à la pause, le Napolitain avait critiqué au grand jour le choix de son coach. Il semble qu'il en paie encore les pots cassés. Mais le sélectionneur belge n'est pas si rancunier que cela (le précédent Eden Hazard en atteste). Et avait assuré avant le début de la compétition que le banc jouerait un rôle essentiel dans le bon parcours des Diables Rouges. « J'avais affiché un grand papier dans les vestiaires qui indiquait que c'était le banc qui ferait la différence », a expliqué Wilmots à l'issue de la victoire contre l'Algérie. Les mots ont eu leur effet. Marouane Fellaini d'abord qui a permis à son équipe de revenir dans la partie avant la délivrance signée Dries Mertens. « Marquer en Coupe du Monde est particulièrement agréable », a commenté sobrement le Napolitain.

Un pari gagné avec son père

La célébration de son but a été, elle, beaucoup plus sujette à interprétation. En faisant mine de se raser près du poteau de corner, le joueur de Naples a soulevé les interrogations de la presse belge. L'intéressé a expliqué qu'il avait fait un pari avec son papa, présent dans le stade de Belo Horizonte. « Je n'ai jamais connu mon papa sans moustache, a-t-il expliqué à l'issue de la rencontre. J'espère qu'il sera à l'hôtel comme ça, on pourra lui enlever sa moustache. » Quelques heures plus tard, via une vidéo postée sur son compte Instagram, Dries Mertens a immortalisé le moment. Aussi précis devant le but qu'avec un rasoir en main, le milieu offensif belge est devenu, en quelques minutes, la nouvelle coqueluche des supporters belges. Au passage, la RTBF a enregistré un record d'audience avec 75,3 % de parts de marché. Ils sont près de quatre millions à avoir suivi la performance des Diables Rouges. Et le but de Dries Mertens.

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