Merkel et Hollande tiennent sommet pour remobiliser l'Europe

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    * Crise des réfugiés et "Brexit" au menu de la réunion 
    * Paris et Berlin veulent des résultats pour les migrants 
    * Les propositions de Tusk débattues à Strasbourg 
 
    PARIS, 5 février (Reuters) - Angela Merkel et François 
Hollande se réunissent dimanche soir à Strasbourg pour préparer 
la mobilisation des Européens face à la crise des réfugiés, qui 
menace de disloquer l'Union, et étudier le pré-accord conclu 
pour éviter une sortie du Royaume-Uni. 
    La chancelière allemande et le chef de l'Etat français, 
conviés par le président du Parlement européen Martin Schulz, se 
rencontrent dans la capitale de l'Alsace avant le Conseil 
européen des 18 et 19 février prochains à Bruxelles, où des 
décisions importantes doivent être prises sur ces dossiers. 
    Les tensions suscitées entre les Etats membres par l'afflux 
de réfugiés menacent l'espace Schengen de libre-circulation, 
dont la destruction risque, selon le président de la Commission 
Jean-Claude Juncker, d'entraîner l'euro dans sa chute. 
    Face à l'émergence des extrémismes dans toute l'Union 
européenne, François Hollande a jugé urgent de "redonner une 
perspective à l'Europe tout entière" lors de ses voeux au corps 
diplomatique le 21 janvier dernier.   
    "Sinon la tentation du repli national gagnera, avec le 
risque de dislocation du projet européen", avait-il dit. 
    De source diplomatique française, on rappelle que les 
instruments pour gérer la crise ont fait l'objet de décisions de 
principe : création d'un corps européen de gardes-frontières, de 
"hot spots" en Grèce et en Italie pour faire le tri entre 
migrants économiques et demandeurs d'asile légitimes, renvoi des 
premiers et contrôles à la frontière gréco-turque. 
    Mais ils doivent être complètement mis en oeuvre et la 
priorité est de mobiliser les moyens pour résorber les flux de 
personnes qui arrivent de Méditerranée. 
    "Il faut obtenir dans les semaines qui viennent une 
mobilisation pour avoir des résultats", dit le diplomate. 
    Les Etats membres devraient être appelés lors du Conseil 
européen à fournir à la Grèce, où se déploient actuellement les 
agences européennes de contrôle, le matériel dont elle a besoin, 
un inventaire préparé par la visite menée cette semaine dans ce 
pays par les ministres de l'Intérieur français et allemand, 
Bernard Cazeneuve et Thomas de Maizière. 
     
    VISAS EN TURQUIE 
    La Turquie, qui s'est vu allouer trois milliards d'euros par 
l'UE, notamment pour gérer les réfugiés sur son territoire, sera 
également appelée à respecter ses engagements. 
    La plus grande partie du flux de migrants dans ce pays vient 
actuellement du Pakistan, d'Afghanistan et d'Afrique du Nord, 
Ankara n'exigeant pas de visa pour leurs ressortissants. 
    Pour Paris, il faut que la Turquie réinstaure les visas avec 
ces pays ou qu'elle "réadmette" les migrants qu'elle a 
accueillis sur son sol et qui sont partis à l'Ouest. 
    L'autre gros dossier de la rencontre Merkel-Hollande est le 
pré-accord conclu cette semaine pour éviter un "Brexit". 
    Les propositions présentées par le président du Conseil 
européen Donald Tusk après plusieurs jours de tractations avec 
David Cameron couvrent les quatre domaines (législation, zone 
euro, compétitivité, immigration) sur lesquels David Cameron a 
réclamé des réformes avant de présenter d'ici quelques mois, 
peut-être dès juin, un référendum pour ou contre l'appartenance 
du Royaume-Uni à l'UE.   
    S'il obtient gain de cause, David Cameron promet de faire 
campagne en faveur du "oui". 
    La France estime que ce pré-accord devra maintenant être 
étudié "virgule par virgule" mais que la glace est brisée. 
    François Hollande a fait part mercredi de ses "lignes 
rouges", le respect des traités européens actuels et la non 
interférence de la Grande-Bretagne dans la zone euro. 
    Ainsi, les réglementations financières s'appliqueront à 
tous, y compris la Grande-Bretagne, qui obtiendrait un droit 
d'évocation si une législation de la zone euro lui pose 
problème, sans toutefois que cela revienne à un droit de veto. 
    Pour les pays de l'Est, le principal problème est la 
disposition du projet d'accord qui prévoit que le Royaume-Uni 
pourra suspendre pendant quatre ans le versement de prestations 
sociales aux ressortissants de l'Union arrivés depuis peu sur 
son sol et qui travaillent dans le pays. 
 
 (Yves Clarisse, édité par Sophie Louet) 
 
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