Merkel espère tirer parti d'une victoire de la CSU en Bavière

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ANGELA MERKEL COMPTE SUR LA VICTOIRE DU CSU EN BAVIÈRE
ANGELA MERKEL COMPTE SUR LA VICTOIRE DU CSU EN BAVIÈRE

par Christiaan Hetzner

MUNICH (Reuters) - La chancelière allemande Angela Merkel espère que la victoire attendue de ses alliés de l'Union chrétienne-sociale (CSU), ce dimanche aux élections régionales de Bavière, lui servira de tremplin vers sa propre victoire dimanche prochain lors des législatives fédérales.

La CSU, parti frère de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel, est donnée grande favorite du scrutin bavarois, à une semaine du scrutin législatif fédéral où la chancelière conservatrice brigue un troisième mandat.

Au pouvoir depuis 56 ans dans ce riche et vaste Land du sud de l'Allemagne, la CSU devrait recueillir au moins 47% des suffrages, selon les sondages, un résultat qui devrait conforter la position des conservateurs au niveau national.

"Chère Angela, nous poserons le ballon sur le point du coup de pied de réparation et vous aurez juste à tirer le penalty", a déclaré le ministre-président (CSU) de Bavière, Horst Seehofer.

Lors des dernières élections locales en 2008, la CSU avait remporté 43,4% des voix, son score le plus bas en soixante ans. "Le résultat en Bavière pourrait avoir une influence sur les élections fédérales du dimanche suivant. Si la CSU remporte la majorité absolue, cela donnera un bel élan aux conservateurs", estime le politologue Frank Decker.

En 2003, la CSU avait recueilli à elle seule 60%.

Angela Merkel dirige depuis les dernières élections fédérales de 2009 une coalition gouvernementale qui rassemble la CDU-CSU et les libéraux du FDP.

"Notre problème en Bavière, c'est que c'est vraiment une tradition de voter pour la CSU", déplore le maire de Munich, Christian Ude, membre du Parti social-démocrate (SPD) d'opposition, qui se présente contre Seehofer pour le poste de ministre-président du Land. Un sondage rendu public jeudi crédite le SPD de 18%, en léger recul par rapport à ses 18,6% de 2008.

QUEL RÉSULTAT POUR LES LIBÉRAUX ?

Une sévère défaite du SPD dimanche à Munich, la capitale bavaroise, serait de très mauvais augure pour l'opposition dont le candidat à la chancellerie, Peer Steinbrück, a apparemment marqué des points ces dernières semaines grâce à des interventions réussies à la télévision et au Bundestag, la chambre basse du Parlement.

Le futur score des libéraux en Bavière est une grande inconnue.

Le FDP, d'après les sondages, pourrait avoir du mal à atteindre le seuil des 5% des voix indispensables pour entrer à l'Assemblée de Bavière comme au Bundestag à Berlin. En 2008, ils avaient obtenu 8%.

Un score du FDP sous les 5% le 22 septembre signifierait la fin de la coalition gouvernementale actuelle.

Au niveau fédéral, les partis de la coalition sortante sont de nouveau donnés en tête en vue du scrutin mais Angela Merkel a mis ses partisans en garde contre un optimisme excessif.

La CDU-CSU a 15 points d'avance en moyenne sur les sociaux-démocrates du SPD.

Naguère très sûres, les enquêtes d'opinion allemandes ont perdu en fiabilité à mesure que l'attachement aux partis décline, que le taux de participation recule et que les divergences entre partis tendent à s'estomper.

Angela Merkel se souvient en outre qu'en 2005, près d'un tiers des électeurs ont fait leur choix durant la dernière semaine de campagne.

La Bavière est peuplée de 12,5 millions d'habitants, sur une population allemande totale de 80,5 millions de personnes. Si elle était un Etat indépendant, elle serait la 6e économie de la zone euro. Elle est le seul Land allemand dont un parti régional, la CSU, est représenté au parlement fédéral.

Les bureaux de vote fermeront à 18h00 locales en Bavière et des sondages à la sortie des urnes seront aussitôt rendus publics.

Guy Kerivel et Eric Faye pour le service français

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