Merkel dénonce le parti anti-immigrés AfD

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    BERLIN, 6 mars (Reuters) - A la veille d'un sommet entre les 
Européens et la Turquie consacré à la crise migratoire, Angela 
Merkel s'en est pris directement dimanche au parti Alternativ 
für Deutschland (AfD), la formation anti-immigrés qui a le vent 
en poupe dans les sondages en Allemagne. 
    Dans une interview accordée au Bild am Sonntag, la 
chancelière allemande accuse ce nouveau venu sur la scène 
politique de jouer sur les préjugés et de diviser la société 
allemande. 
    "L'AfD est un parti qui ne rassemble pas la société, qui 
n'offre pas de solutions appropriées aux problèmes, mais qui 
attise les préjugés et polarise", dit-elle dans cette interview. 
    Angela Merkel, dont la politique d'accueil des réfugiés et 
des migrants est contestée jusque dans les rangs de sa 
coalition, passera un test électoral d'envergure dimanche 
prochain, avec des élections dans trois Länder (Bade-Wurtemberg, 
Rhénanie-Palatinat et Saxe-Anhalt). 
    D'après les derniers sondages, l'AfD est créditée de près de 
20% des intentions de vote dans la région de Saxe-Anhalt, en 
ex-Allemagne de l'Est, et pourrait faire jeu égal avec les 
sociaux-démocrates du SPD dans le Bade-Wurtemberg (sud). 
    Pour Merkel, les membres du gouvernement et les partis 
politiques traditionnels ont le devoir de défier l'AfD dans le 
débat publique en se distinguant clairement des prises de 
position hostiles à l'immigration du mouvement. 
    Créé à l'origine contre l'euro, l'AfD, sous l'impulsion de 
ses nouveaux dirigeants élus à l'été 2015, a mis de côté les 
questions liées à la monnaie unique européenne et a adopté une 
ligne très ferme contre l'immigration. 
    Sur la crise des migrants, la plus grave crise de ce genre 
qu'ait connue l'Europe depuis la fin de la Deuxième Guerre 
mondiale, la chancelière réaffirme que seule une solution 
européenne, avec renforcement des frontières extérieures et 
coopération avec la Turquie, est à la hauteur du défi. 
    "Nous ne pourrons relever ce défi qu'ensemble", dit-elle. 
    Elle souhaite aussi que les Européens discutent des moyens 
de venir en aide à la Grèce, placée dans une "situation très 
difficile" du fait de sa position géographique, en première 
ligne face aux flux migratoires. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT avant le sommet UE-Turquie de lundi: 
 ID:nL5N16E0ED  
 
 (Michael Nienaber; Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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