Merkel défend avec fermeté sa politique d'accueil des réfugiés

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 (Actualisé après la conférence de presse de Merkel) 
    BERLIN, 28 juillet (Reuters) - Angela Merkel a défendu 
fermement jeudi sa politique d'accueil des étrangers en 
Allemagne après deux attaques attribuées ces derniers jours à 
des réfugiés. 
    La chancelière a écourté ses vacances pour tenir une 
conférence de presse à la mi-journée à Berlin après une série de 
quatre attaques au total qui ont fait 15 morts, dont quatre 
assaillants, et des dizaines de blessés depuis le 18 juillet. 
    Dans le nord de l'Allemagne depuis samedi, Angela Merkel 
avait jusqu'ici délégué à son ministre de l'Intérieur, Thomas de 
Maizière, le soin de répondre à ces accusations. 
    Face aux journalistes lui demandant pourquoi elle ne s'était 
pas rendue sur les lieux de chaque attaque, la dirigeante 
conservatrice est restée impassible. "J'ai le sentiment d'avoir 
agi avec responsabilité", a-t-elle répondu.  
    Munich a été la scène de l'attaque la plus sanglante, un 
adolescent germano-iranien ayant tué neuf personnes avant de se 
suicider. Angela Merkel a été critiquée sur les réseaux sociaux 
pour ne pas avoir réagi avant le lendemain, dix-sept heures 
après le président américain Barack Obama.  
    Selon les autorités, deux autres attaques commises en 
Allemagne sont le fait d'un demandeur d'asile syrien et d'un 
réfugié originaire d'Afghanistan ou du Pakistan, qui étaient 
tous deux liés au djihadisme. 
    Ces attaques ont dissipé les dernières illusions qui 
pouvaient laisser croire aux Allemands que leur pays était à 
l'abri de la violence islamiste. 
    De la gauche à la droite, de nombreux responsables 
politiques ont fustigé la politique d'accueil d'Angela Merkel 
qui a permis à plus d'un million de migrants et réfugiés 
d'entrer l'année dernière en Allemagne. 
     
    "LA PEUR NE PEUT PAS NOUS GUIDER" 
    "Toutes nos prédictions se sont révélées justes", a déclaré 
Horst Seehofer, ministre-président du Land de Bavière et 
opposant de longue date à la politique de la chancelière. "Le 
terrorisme islamique est arrivé en Allemagne", a-t-il encore 
dit, réclamant un durcissement des mesures de sécurité et des 
politiques d'immigration. 
    "La peur ne peut pas être un guide pour l'action politique", 
a répliqué jeudi la chancelière, dévoilant un plan en neuf 
points pour répondre aux attaques, y compris des mesures pour 
recruter davantage de gardes privés, et un système de 
signalisation précoce des personnes radicalisées. 
    Sur la question plus générale de l'accueil des migrants et 
réfugiés, Angela Merkel a répété son slogan "Wir Schaffen Das" 
(Nous pouvons le faire) qu'elle avait adopté l'été dernier quand 
l'Allemagne a ouvert ses frontières aux réfugiés fuyant les 
guerres du Moyen-Orient.  
    "Nous pouvons le faire et nous avons déjà fait beaucoup au 
cours des onze derniers mois", a-t-elle dit.  
    "Les terroristes veulent nous faire perdre de vue ce qui est 
important pour nous, briser notre cohésion et (...) notre 
volonté de prendre en charge des personnes qui en ont besoin", 
a-t-elle poursuivi. "Ils sèment la haine et la peur entre les 
cultures et la haine et la peur entre les religions. Nous nous y 
opposons fermement."  
    Les critiques ne viennent pas que de la droite puisque des 
représentants du parti d'extrême gauche "Die Linke" dénoncent à 
leur tour la gestion d'Angela Merkel. 
    Sahra Wagenknecht a ainsi fustigé le credo "désinvolte" de 
la chancelière et de son "Wir Schaffen Das".  
    "Les événements de ces derniers jours montrent que l'entrée 
et l'intégration d'un grand nombre de réfugiés et de migrants 
provoque de nombreux problèmes", a-t-elle poursuivi. 
 
 (Paul Carrel,; Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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  • frk987 il y a 4 mois

    Tu en fait ce que tu veux mais tu te les garde, nous on donne depuis 62, on connaît le problème.