Merkel certaine que le FMI s'impliquera dans l'aide à la Grèce

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ANGELA MERKEL VEUT RASSURER SUR LA PARTICIPATION DU FMI AU NOUVEAU PLAN D'AIDE À LA GRÈCE
ANGELA MERKEL VEUT RASSURER SUR LA PARTICIPATION DU FMI AU NOUVEAU PLAN D'AIDE À LA GRÈCE

BERLIN (Reuters) - Angela Merkel a tenté dimanche de rassurer les députés sceptiques de sa majorité sur la participation du Fonds monétaire international (FMI) au nouveau plan d'aide à la Grèce, à trois jours d'un votre clé au Bundestag.

S'exprimant en public sur le dossier pour la première fois depuis la trêve estivale, la chancelière allemande a déclaré à la ZDF être certaine que Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, assurerait la participation de celui-ci au nouveau plan si les conditions sont remplies, à la fois concernant les réformes en Grèce et l'allégement du poids de la dette d'Athènes.

"Mme Lagarde, la directrice du FMI, a dit très clairement que si ces conditions étaient réunies, alors elle recommanderait au conseil d'administration du FMI que le FMI participe au programme à partir d'octobre", a-t-elle expliqué.

"Je ne doute pas que ce que Mme Lagarde a dit deviendra réalité", a-t-elle ajouté.

L'incertitude sur la participation active du FMI au troisième plan d'aide à la Grèce complique la tâche d'Angela Merkel avant le vote des députés car des élus de la CDU, son parti, et de la CSU, le parti frère bavarois, font de l'implication du Fonds une condition de leur vote favorable.

Or Christine Lagarde, qui plaide auprès des pays de la zone euro en faveur d'un allégement "important" du fardeau de la dette grecque, a expliqué que le FMI ne se prononcerait pas avant octobre sur sa participation.

MERKEL ÉVOQUE UN ALLONGEMENT DES MATURITÉS DE LA DETTE

Un tel calendrier oblige donc les députés allemands à se prononcer sans garantie que l'institution basée à Washington, dont ils apprécient la rigueur, jouera bien un rôle dans la mise en oeuvre du nouveau renflouement d'Athènes.

Angela Merkel a exclu dimanche toute "décote" de la dette grecque mais elle a jugé possible d'agir sur sa maturité, en reportant certaines échéances, et en réduisant les taux d'intérêt.

Le feu vert du Bundestag à l'accord ne fait guère de doute, la chancelière pouvant compter sur le soutien des sociaux-démocrates et des écologistes. Mais la fronde d'un nombre important de députés CDU-CSU serait pour elle un revers politique.

Le mois dernier, 65 élus conservateurs avaient refusé de soutenir les négociations sur le nouveau plan d'aide et selon le quotidien Bild, jusqu'à 120 députés pourraient refuser de valider le nouvel accord mercredi.

Dans l'entretien à la ZDF, Angela Merkel a également nié que son pays ait adopté une position trop dure vis-à-vis de la Grèce et qu'il se soit trouvé isolé au sein de la zone euro.

"Il ne servirait à rien que tout le monde soit gentil avec tout le monde aujourd'hui pour se retrouver, dans deux ou trois ans, dans une situation pire que la situation actuelle. La crise de la zone euro n'a que trop duré", a-t-elle dit.

Priée de dire si Berlin cherchait à installer une "Europe allemande", elle a répondu: "Ce n'est pas ce que nous voulons."

(Noah Barkin; Marc Angrand et Henri-Pierre André pour le service français)

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