Merkel apporte un soutien prudent aux réformes de Valls

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* Merkel discrète sur le dérapage budgétaire en France * Elle salue les efforts "ambitieux" du gouvernement français * Valls tente de convaincre les Allemands du sérieux de la France * La chancelière ne s'engage pas à relancer l'investissement (Actualisé avec citations contexte) par Julien Ponthus BERLIN, 22 septembre (Reuters) - Angela Merkel a apporté lundi un soutien prudent à Manuel Valls, saluant un programme "ambitieux" pour raviver la compétitivité des entreprises françaises sans pour autant offrir un blanc-seing à une politique budgétaire jugée laxiste en Allemagne. Saluant les "efforts très importants" de son homologue français, la chancelière n'a pas répondu à sa demande de voir l'Allemagne contribuer davantage à la relance économique de la zone euro via une politique d'investissement plus hardie. "Il existe de nombreuses possibilités de créer de la croissance, même sans injecter plus d'argent dans le système", a estimé Angela Merkel lors d'une conférence de presse pendant laquelle elle a rappelé son attachement à la stabilité à long terme de l'euro et au "respect" du pacte de stabilité. Manuel Valls avait promis en avril dernier, lors de son premier déplacement à Berlin en tant que Premier ministre, que la France tiendrait ses engagements budgétaires. Il a dû se dédire en septembre face à une croissance et une inflation atone, renvoyant de 2015 à 2017 l'objectif de faire passer les déficits publics sous la barre des 3% du PIB. Invitée à dire si elle faisait toujours confiance à François Hollande et à son Premier ministre pour tenir leurs engagements, la chancelière a évité toute réponse directe et insisté sur le fait que ce serait à la Commission européenne, pas à l'Allemagne, de se prononcer sur le programme français. Comme pour faire un geste à l'égard de son hôte, la chancelière a néanmoins précisé que le pacte de stabilité devait être appliqué avec "flexibilité". Lundi, la presse allemande faisait son miel des déboires de l'économie française, comme le tabloïd allemand Bild qui a rebaptisé la France "Krankreich" ("l'empire malade"). LA FRANCE N'EST PAS "L'ENFANT MALADE DE L'EUROPE" "La France n'est pas l'enfant malade de l'Europe", s'est défendu Manuel Valls, tout en disant comprendre "les doutes et les interrogations du peuple allemand, de ses représentants, de la presse allemande". "Beaucoup se disent, au fond : 'nous, nous avons su faire les réformes et les Français n'en sont pas capables, et s'ils ne les font pas ce n'est pas bon pour l'Allemagne'", a-t-il ajouté, en promettant que "les réformes, nous allons les faire". Répondant aux critiques liées à la stagnation de l'économie et au report de ses objectifs budgétaires, Manuel Valls a assuré qu'il relèverait la compétitivité des entreprises, dégagerait 50 milliards d'euros d'économies et réformerait les seuils sociaux et le travail dominical. Dans l'entourage du Premier ministre français, on insiste sur le fait que la France, même si elle a fait le choix de ne pas augmenter les impôts pour faire face à la dégradation de sa situation budgétaire, a tenu bon en contenant ses dépenses. "Si on avait laissé filer les dépenses, là on avait le droit de se faire exploser par les Allemands", estime un conseiller, pour qui la crédibilité du plan de 50 milliards d'euros sur trois ans est assurée auprès de ses partenaires européens. Pour Manuel Valls, l'enjeu de son déplacement est aussi d'assurer à l'Allemagne qu'après avoir obtenu la confiance de l'Assemblée nationale, son gouvernement a les moyens politiques d'imposer sa ligne économique en faveur des entreprises. "On est un peu servis par le calendrier", estime l'un de ses conseillers selon lequel le Premier ministre est dans une phase de "clarification" de la ligne après la démission d'Arnaud Montebourg, très critique de l'orthodoxie financière qu'il attribuait à la chancelière allemande. "Un, je réforme, deux, je suis sérieux dans ma démarche budgétaire et trois, c'est soutenable politiquement car j'ai une majorité" était le triptyque que voulait communiquer Manuel Valls au gouvernement allemand, selon ce conseiller. Après une visite d'une usine Airbus à Hambourg et un entretien avec le vice-chancelier Sigmar Gabriel lundi, Manuel Valls doit faire un discours mardi devant la Fédération allemande de l'industrie. (Avec Jean-Baptiste Vey à Paris, édité par Yves Clarisse)

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  • dotcom1 le lundi 22 sept 2014 à 16:38

    "très ambitieux" = comprendre "irréaliste".

  • j.neugeb le lundi 22 sept 2014 à 16:31

    La France reste le pays Club MED ! C'était déjà en 1940 comme ça!

  • cben le lundi 22 sept 2014 à 16:01

    Et dire que certains critique la rigidité de l'Allemagne.. La situation doit être vraiment catastrophique en France pour susciter autant de mansuétudes de nos voisins..

  • M1961G le lundi 22 sept 2014 à 15:55

    merkel ne veut pas critiquer le roi hollande . merkel n'a pas compris que hollande ne fera rien car il est de gauche et par conséquent , un gauchiste dépense toujours l'a

  • JODHY le lundi 22 sept 2014 à 15:55

    elle a déja souri aux blagues à deux balles de Hollande, elle peut bien faire semblant de croire aux con.neries de Valls

  • ccondem1 le lundi 22 sept 2014 à 15:47

    Elle a surtout le sens de l'humour. C'est vrai que pour elle, c'est une journée de détente : à l'ouest, Rhin de nouveau ! ;-)))

  • M8603854 le lundi 22 sept 2014 à 15:37

    Teufel! Angela est devenue fan de Vals aussi!

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