Mercedes, une saison incroyable

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Mercedes, une saison incroyable
Mercedes, une saison incroyable
La saison 2014 de F1 a vu Mercedes imposer au paddock un cavalier seul de quasiment tous les instants. Retour sur une domination quasiment sans partage, avec plusieurs records à la clé, mais aussi quelques polémiques.

Mercedes a dominé la F1 en 2014, cela sonne peut-être comme une évidence alors que la saison est terminée, mais ce n'était pas forcément une idée répandue dans le paddock au sortir des essais hivernaux. Reste que cette domination n'a pas été facile à pérenniser tant sur le plan technique qu'humain. Mais l'écurie a aussi marqué la discipline par les records qu'elle a fait tomber cette saison.

Une voiture bien née, un moteur bien conçu mais pas forcément fiable

Dès le premier Grand Prix de la saison, en Australie, Mercedes démontre que sa W05 est une monoplace bien née. Les Flèches d'Argent sont aux avant-postes mais ce Grand Prix aux antipodes est aussi le premier signe du principal problème qui affectera les monoplaces de l'écurie allemande : la fiabilité. En effet, le moteur V6 turbo hybride de la monoplace de Lewis Hamilton n'a pas répondu au début du Grand Prix et le forcera à un abandon précoce. En Grande-Bretagne, c'est au tour de Nico Rosberg de subir une défaillance de son bloc alors qu'au Canada, les deux pilotes seront logés à la même enseigne avec des systèmes électroniques qui n'ont pas supporté la chaleur de Montréal. Mais s'il n'est pas fiable, le moteur Mercedes est diablement performant, comme l'ont montré les McLaren en début de saison puis, surtout, les Williams dans la deuxième partie de la saison. Les choix techniques audacieux effectués par les équipes de Mercedes-Benz High Performance Engines, à Brixworth, ont fait merveille. L'idée de séparer les éléments du turbo pour en optimiser le refroidissement et la performance sera à n'en pas douter copiée par Renault, Ferrari et Honda en 2015. Mais le châssis de la W05 était lui-aussi bien né avec une efficacité aérodynamique qui n'a pas eu à envier aux Red Bull dessinées par Adrian Newey. L'aileron avant très avancé ou le nez très plongeant ont été des exemples à suivre pour les autres écuries. Bref, dans bien des domaines, Mercedes a eu tout bon et a tiré parti de son avance.

De la franche camaraderie à l'amère rivalité

Si la voiture était excellente, il fallait aussi les pilotes pour en maximiser le potentiel. En début de saison, l'entente entre Lewis Hamilton et Nico Rosberg était excellente, les deux pilotes coopéraient dans l'intérêt de l'écurie... Mais, à l'image du duo Prost-Senna ou du duo Hamilton-Alonso par le passé, une bonne entente entre deux coéquipiers se battant pour le titre de champion du Monde, car très rapidement l'évidence était que seul un pilote Mercedes pouvait être sacré cette saison, était quasiment impossible à maintenir. La dégradation des relations entre Lewis Hamilton et Nico Rosberg a été progressive, mais bien visible. Le premier incident a lieu à Monaco où Nico Rosberg tire tout droit dans un virage, volontairement ou pas, empêchant les autres pilotes d'améliorer leur temps et de jouer la pole position que l'Allemand venait de prendre. Fou de rage car sachant que doubler en Principauté est impossible, Lewis Hamilton n'a pas oublié et a pris une revanche dès le Grand Prix de Hongrie. Alors que son garage lui demandait de laisser passer Nico Rosberg dans l'intérêt de l'équipe, le Britannique n'a pas obtempéré, faisant perdre des points précieux à l'Allemand. Mais la rupture a été consommée à Spa-Francorchamps. Un point de non-retour a été franchi quand Nico Rosberg a été trop optimiste lors d'une tentative de dépassement de son coéquipier. L'accrochage a provoqué une crevaison sur la monoplace de Lewis Hamilton, ce qui a ruiné sa course, et relancé Nico Rosberg dans la course au titre. Pour le reste de la saison, les relations ont été glaciales entre les deux pilotes. Ce qui n'a pas empêché Mercedes de remporter les sept dernières courses de la saison, de remporter sans difficulté le titre constructeurs, le premier pour la marque, et le titre pilote avec Lewis Hamilton.

Des records battus

Avec la voiture la plus performance du plateau, et de très loin, l'écurie Mercedes a fait exploser plusieurs records cette saison. Avec onze doublés en dix-neuf courses, le duo Rosberg-Hamilton de 2014 a fait mieux que la mythique paire Prost-Senna qui avait signé dix doublés en 1988 pour McLaren. Cette saison, au total, les pilotes Mercedes ont signé 31 podiums, améliorant le record signé par Michael Schumacher et Rubens Barrichello en 2004 pour Ferrari, 29 podiums en une saison. Les Flèches d'Argent ont aussi battu le record de points marqués par une seule écurie en une seule saison avec 701 points, le record datait de la saison 2011 avec les 651 points marqués par Red Bull lors du deuxième sacre de Sebastian Vettel. Avec la pole position de Nico Rosberg à Abu Dhabi, sa onzième de la saison et avec les cinq réalisées par Lewis Hamilton, les Flèches d'Argent ont battu le record de pole positions avec 18 réussites sur 19 Grands Prix, seule la pole position du Grand Prix d'Autriche a échappé aux Mercedes, à cause de la Williams de Felipe Massa... propulsée par un moteur Mercedes. Un dernier record est tombé dans l'escarcelle de Mercedes avec le succès de Lewis Hamilton à Abu Dhabi, c'est celui du nombre de victoires en une saison pour une seule écurie. Après les 15 victoires de McLaren en 1988 et de Ferrari en 2002 puis 2004, le record passe désormais à seize pour les Flèches d'Argent en 2014. Mais, avec la concurrence qui sera exacerbée en 2015 après une année d'apprentissage de cette « nouvelle » Formule 1, pas sûr que Mercedes soit en mesure de rééditer une telle performance, et de réinstaurer une telle domination sur le championnat en 2015.

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