Menaces autour de la marque Ucits

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(NEWSManagers.com) - L' utilisation de l' enveloppe coordonnée par les hedge funds pour diffuser largement leurs stratégies alternatives, notamment aux particuliers, pourrait nuire à la réputation de la marque Ucits et entraver son développement, selon Jean-Baptiste de Franssu, président de l' Efama et CEO d' Invesco Europe.
Plus précisément, ces " Newcits" constituent une menace à deux égards, a-t-il expliqué lors d' une conférence de presse à Monaco, en marge du Fund Forum.

Le premier danger se trouve du côté de l' exportation, qui constitue un débouché important pour le véhicule coordonné européen. Jean-Baptiste de Franssu a pointé l' inconfort grandissant de certains régulateurs asiatiques concernant les Ucits et l' extension des actifs éligibles. " Certaines sociétés de gestion ont de ce fait aujourd' hui du mal à faire enregistrer certains produits" , affirme-t-il.

L' autre risque est celui des retraites. Au moment où l' Efama cherche à convaincre les gouvernements que Ucits est le véhicule idéal pour constituer une retraite à l' échelle européenne, et ainsi éviter que l' activité ne finisse aux mains des compagnies d' assurances, un accident serait bien entendu malvenu. Mais au delà, " il faut que le Ucits reste un produit simple si l' on veut qu' il soit validé par les gouvernements pour devenir un produit de retraite" , martèle Jean-Baptiste de Franssu.

Pour autant, le président de l' Efama ne pense pas qu' il est souhaitable de faire machine arrière en matière de réglementation sur les actifs éligibles, ni de distinguer les Newcits et ainsi créer deux marques en une seule. Jean-Baptiste de Franssu espère que la solution viendra de la directive AIFM ? pour autant qu' elle finisse par voir le jour. En effet, pour lui, l' adoption des Ucits par les sociétés de gestion alternative est principalement motivée par la nécessité de vendre leur savoir faire dans toute l' Europe. Or, avec la directive, elles ne devraient plus avoir besoin du passeport conféré par le Ucits. Il prône par ailleurs une plus grande transparence sur les produits.

Finalement, le problème posé par les Newcits renvoie aussi à celui plus large de la distribution, qui d' une certaine manière constitue également une menace pour la marque Ucits. En effet, si l' Europe a réussi à se doter d' un véhicule commun, après 25 ans de travail, la manière de le distribuer reste anarchique. " Par exemple, un produit peut être vendu comme un fonds diversifié dans un pays A et comme un fonds obligataire dans un pays B?" , détaille Jean-Baptiste de Franssu.

La nécessité de se pencher sur un cadre commun en matière de distribution en Europe est d' autant plus importante aujourd' hui que les ventes de fonds transfrontières commencent à prendre de l' ampleur. " Depuis le début de l' année, les deux tiers des souscriptions nettes dans les fonds européens l' ont été dans des fonds transfrontières" , observe Jean-Baptiste de Franssu. Outre ce constat, le président de l' Efama identifie d' autres tendances qui doivent militer pour une plus grande attention à la distribution : le fait que le lien entre la performance à court terme et les souscriptions augmente, la montée en puissance des boutiques qui intensifie la concurrence, la volatilité des souscriptions,?

Pour finir, Jean-Baptiste de Franssu s' est inquiété de l' avènement de Solvency II et des " énormes désinvestissements" qu' il constate de la part des compagnies d' assurances. Outre la menace évidente que cela constitue pour les sociétés de gestion, le président de l' Efama et CEO d' Invesco Europe s' est interrogé sur le devenir de l' activité économique européenne dans son ensemble : " qui va détenir les entreprises européennes si les compagnies d' assurances ne sont plus là ?" ...

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