Même sans requête espagnole, Berlin étudie un plan d'aide

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Même sans requête espagnole, Berlin étudie un plan d'aide
Même sans requête espagnole, Berlin étudie un plan d'aide

par Julien Toyer et Annika Breidthardt

MADRID/BERLIN (Reuters) - L'Allemagne et l'Union européenne étudient dans l'urgence les moyens de venir en aide aux banques espagnoles frappées par la crise de la dette, malgré l'absence de requête de la part de Madrid, qui s'oppose à des conditions politiques trop sévères, a-t-on appris mercredi auprès de sources de l'UE.

L'Espagne, quatrième économie de la zone euro, a annoncé mardi qu'elle était de fait exclue des marchés par une prime de risque trop élevée et elle a demandé à ses partenaires européens de l'aider à assainir son secteur bancaire.

Luis de Guindos, son ministre de l'Economie, a déclaré mercredi après des discussions avec la Commission européenne que Madrid n'avait pas l'intention pour l'instant de demander une assistance.

Le gouvernement pourrait attendre la publication d'un rapport du FMI la semaine prochaine et les résultats d'un audit indépendant sur son secteur bancaire d'ici la fin du mois pour prendre une décision sur la meilleure manière de recapitaliser les banques espagnoles.

PAS DE NOUVELLES MESURES DE LA BCE

L'Espagne va tester jeudi les marchés avec une émission d'obligations à moyen et long termes, pour un montant total de deux milliards d'euros.

La Banque centrale européenne (BCE) a jusqu'à maintenant refusé de reprendre ses achats d'obligations souveraines de la zone euro, notamment espagnoles, pour favoriser la baisse des coûts de financement de Madrid.

Mercredi, elle a laissé ses taux directeurs inchangés et n'a annoncé aucune nouvelle mesure de soutien au système financier, tout en accentuant la pression pour que les responsables politiques européens trouvent une solution à la crise de la dette de la zone euro lors d'un sommet prévu les 28 et 29 juin.

Les marchés actions européens et l'euro étaient en hausse mercredi après-midi, après l'annonce du maintien des taux par Mario Draghi, le président de la BCE, malgré la stagnation de l'économie de la zone euro, qui a évité de peu une récession technique au cours du premier trimestre 2012. Wall Street était également en hausse en début de séance.

Des sources proches des discussions à Berlin et Bruxelles ont affirmé que des responsables allemands et européens se livraient déjà à l'élaboration d'un plan d'urgence sur une aide financière européenne à Madrid.

Les juristes impliqués dans ce processus étudient l'ensemble des clauses des traités européens pour trouver comment l'Espagne pourrait bénéficier du Fonds européen de stabilité financière (FESF), le fonds de sauvetage de l'UE, sans avoir à solliciter un programme complet d'assainissement économique, selon les sources.

Des hauts fonctionnaires allemands ont précisé que l'objectif était d'éviter à l'Espagne l'humiliation de se voir imposer de nouvelles réformes économiques par l'UE et le FMI, comme cela a été le cas pour l'Irlande, la Grèce et le Portugal, placés dans des situations semblables.

A Berlin, le ministère des Finances considère que le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de 500 milliards d'euros qui doit succéder au FESF en juillet, pourrait directement prêter de l'argent au FROB, le fonds espagnol de sauvetage des banques, ont expliqué des sources allemandes.

PRESSIONS ALLEMANDES

Les juristes de l'UE ne seraient cependant pas convaincus de la légalité d'un tel procédé, qui présenterait l'avantage d'empêcher les plus petits pays de la zone euro, comme la Finlande ou les Pays-Bas, de bloquer un prêt. Les décisions du MES peuvent en effet être prises sans unanimité.

"Je crois que l'Espagne doit faire appel au FESF, pas à cause de l'état du pays (le déficit budgétaire), mais à cause de ses banques", a déclaré mercredi à la chaîne de télévision ARD un proche d'Angela Merkel, manifestant les premières pressions publiques allemandes en ce sens.

Volker Kauder, le chef du groupe parlementaire qui rassemble la CDU d'Angela Merkel et la CSU, son allié bavarois, a ajouté qu'il ne pensait pas que les banques espagnoles pourraient directement recevoir de l'aide du FESF, et il a ajouté que la mise en oeuvre du fonds s'accompagnerait des conditions politiques habituelles.

Un porte-parole du gouvernement allemand a cependant répété mercredi que seule l'Espagne pouvait décider de demander ou non l'aide du FESF.

L'agence de notation Moody's a par ailleurs abaissé la note de crédit de six banques allemandes et des trois principales banques autrichiennes au motif qu'elles seraient en situation de risque si la crise de la zone euro venait à s'aggraver, soulignant la nécessité d'actions concrètes de la part de l'ensemble de l'union monétaire.

L'Allemagne, premier contributeur aux fonds de sauvetage européens et première économie de la zone euro, est sous une pression grandissante de ses partenaires, pour assouplir sa position en faveur de l'austérité.

Berlin affirme avoir déjà suffisamment agi en faveur de la croissance, qu'il s'agisse de sa propre économie en encourageant ses entreprises à concéder de fortes hausses de salaires et en acceptant une perspective d'inflation allemande supérieure à l'ordinaire, ou de celle de l'Espagne en se prononçant en faveur d'un délai d'une année supplémentaire pour permettre à Madrid d'abaisser son déficit public en dessous des 3% du PIB requis par l'Union européenne.

Julien Dury pour le service français, édité par Marc Angrand

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  • PurJu.69 le mercredi 6 juin 2012 à 21:08

    . PARIS, le 23 Mai ( Reuters ) - * B. N. P. PARIBAS * ( BNPP.PA ) espère Augmenter son Taux de Distribution de DIVIDENDE au-delà de 25 % après l' exercice 2012, a déclaré mercredi le Président de la Banque, Baudouin PROT, la Banque Française avait décidé de ramener la part de ses Profits Distribuée sous forme de DIVIDENDES à 25 % au Titre de l' Exercice 2011, contre un Tiers précédemment.