Mélenchon tend la main aux militants socialistes "meurtris"

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JEAN-LUC MÉLENCHON TEND LA MAIN AUX MILITANTS SOCIALISTES
JEAN-LUC MÉLENCHON TEND LA MAIN AUX MILITANTS SOCIALISTES

PARIS (Reuters) - Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche (PG), a invité vendredi les "milliers de militants socialistes meurtris" par l'affaire Cahuzac à venir le rejoindre pour former une majorité alternative à l'Assemblée nationale.

Les aveux de l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, qui a reconnu mardi détenir un compte bancaire à l'étranger depuis 20 ans après avoir démenti cette information pendant quatre mois, ont provoqué une onde de choc au Parti socialiste et au sein du gouvernement.

Invité sur France Info vendredi, Jean-Luc Mélenchon a appelé à manifester le jour anniversaire du second tour de l'élection présidentielle, le 5 mai prochain, pour promouvoir la VIe République et donner "le coup de balai qu'il faut pour purifier cette atmosphère politique absolument insupportable".

"J'ai été membre du Parti socialiste pendant trente ans, je l'ai quitté pour dénoncer une dérive idéologique et parce que je pensais qu'il fallait faire autrement", a-t-il souligné. "J'ignorais que ceux que j'avais en face de moi étaient des menteurs, des trafiquants d'influence avec des gens d'extrême-droite. Tout cela est absolument inacceptable."

"Est-ce que vous n'êtes pas frappés de voir que la chaîne des mensonges qui entoure Cahuzac commence dans le Parti socialiste et finit au Front national? C'est absolument invraisemblable", a-t-il dit.

"Des milliers de militants (socialistes) sont meurtris, j'espère qu'ils vont se rapprocher de moi, qu'ils vont comprendre qu'ils sont déshonorés par ces fréquentations", a poursuivi l'ancien candidat à l'élection présidentielle de 2012 qui s'est défendu d'entretenir "une ambiance" du "tous pourris".

"Je pense que le plus tragique pour moi serait de tenir des discours sur la nécessité de faire une VIe république et de fermer les yeux au nom de je ne sais quelle confraternité."

UN SYSTEME EN FAILLITE

Interrogé sur la décision de François Hollande de ne pas procéder à un remaniement gouvernemental malgré les demandes pressantes de l'opposition, le co-président du Parti de gauche a estimé que le chef de l'Etat avait une lecture "totalement erronée" de la situation.

"Ce n'est pas une personne qui a failli, c'est un système qui révèle sa pourriture intrinsèque", a dit Jean-Luc Mélenchon. "Ce système qui a combiné les effets d'une monarchie quinquennale avec une irresponsabilité se diffusant à tous les étages par la concentration du pouvoir et le néo-libéralisme avec les flots d'argent qui circulent, tant est si bien qu'une espèce d'oligarchie s'est constituée."

Jean-Luc Mélenchon, qui a rappelé son "opposition totale" à la politique menée par le gouvernement, a exprimé le souhait de constituer une majorité alternative avant la prochaine élection présidentielle.

"Je dis que je peux faire une majorité alternative avec les écologistes et les socialistes de gauche à l'Assemblée nationale et proposer une autre formule gouvernementale", a-t-il dit.

Marine Pennetier, édité par Jean-Stéphane Brosse

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  • M7361806 le vendredi 5 avr 2013 à 10:12

    La politique serait triste s'il n'y avait pas un amuseur de service.