Mêlée mélodramatique de Nouméa à Fumel

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Toki Pilioko dans le rôle de Soane dans « Mercenaire », de Sam Wolff.
Toki Pilioko dans le rôle de Soane dans « Mercenaire », de Sam Wolff.

Avec une justesse touchante, le réalisateur de « Mercenaire », Sacha Wolff, signe un western œdipien et postcolonial en Ovalie.

A ne pas manquer Sport et fiction ont rarement fait bon ménage dans le cinéma français, sinon en chambre, à coups de dialogues athlétiques et de stratégies de séduction. Tout le monde est d’accord là-dessus, nous rendons, à cet égard, des points au cinéma américain (de la boxe au football local) avec sa passion des corps en mouvement et de la pensée en action.

Quelques films font néanmoins exception. Après le formidable Douches froides d’Antony Cordier (2005), qui mêlait brillamment la science du judo au conflit de classes et au roman d’éducation, on comptera désormais avec Mercenaire, premier long-métrage de Sacha Wolff, étonnante et détonante concoction de culture rugbystique, de mélo provincial, de tragédie classique et de traité postcolonial.

Ce n’est pas tous les jours qu’on voit un film français qui démarre à Nouméa (Nouvelle-Calédonie), se poursuit à Fumel (Lot-et-Garonne), raconte l’histoire d’un émigré de Wallis, est majoritairement interprété par des piliers de rugby, évolue entre malédiction filiale, romance sentimentale, trafic d’influence et choc de packs.

Beau culot de la part de ce diplômé de la Femis (Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son), dont l’effet est de nous proposer un jeune premier de cent dix kilos pour un mètre quatre-vingt-cinq, taillé comme un camion, dont le problème existentiel majeur est de gagner sa pitance à la sueur de son front. Soit une réelle alternative, sauf leur respect et leur talent, à Louis Garrel et Gaspa...

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