Medivation-Sanofi devrait jeter l'éponge, selon des analystes

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 (Actualisé avec analystes et contexte) 
    par Noëlle Mennella 
    PARIS, 22 août (Reuters) - Sanofi  SASY.PA  a pris acte 
lundi de l'offre de 14 milliards de dollars de l'américain 
Pfizer  PFE.N  sur la biotech Medivation et réaffirmé sa volonté 
d'être "discipliné" dans sa stratégie d'acquisition.  
    Des analystes interrogés par Reuters se disent convaincus 
que Sanofi, qui a mis 10 milliards de dollars sur la table, ne 
va pas surenchérir face à l'offre agressive du numéro un mondial 
de la pharmacie, qui propose 81,50 dollars par action 
Medivation. 
    En juillet, après un accord de confidentialité lui ouvrant 
les livres de comptes de l'entreprise américaine, Sanofi s'était 
dit prêt à porter à 58 dollars par action son offre sur 
Medivation et d'y ajouter trois dollars par titre sous la forme 
d'un certificat de valeur conditionnelle lié aux ventes d'un 
anti-cancéreux en développement, le Talazoparib.   
    "Tout en reconnaissant les bénéfices stratégiques potentiels 
d'un rapprochement avec Medivation, nous sommes d'abord et avant 
tout un acquéreur discipliné", écrit Sanofi dans un courriel à 
Reuters après l'annonce de l'offre de Pfizer, sans être plus 
précis sur ses intentions. 
    "Sanofi reste engagé à réaliser une croissance de long terme 
soutenue et continue à mettre en oeuvre sa stratégie pour 
remodeler son portefeuille et renforcer ses positions en 
oncologie", ajoute le laboratoire français. 
    Sanofi s'est refusé à tout autre commentaire. 
     
    SANOFI DEVRA CHERCHER D'AUTRES CIBLES 
    "Pfizer a proposé un prix très élevé, nettement supérieur à 
la deuxième offre de Sanofi. Je ne pense pas que Sanofi va 
surenchérir à ce niveau", commente Philippe Lanone, analyste 
chez Natixis.  
    Le groupe français "doit désormais, soit trouver une autre 
cible, mais il n'est pas certain que cela soit possible à un 
prix raisonnable vu les valorisations atteintes, soit 
reconstruire sa franchise oncologie, surtout par des accords de 
développement de médicaments, ce qui prendra plus de temps", 
ajoute-t-il. 
    "C'est une occasion ratée pour développer la franchise en 
oncologie. Sanofi va devoir trouver d'autres cibles et donc 
relancer la machine", estime de son côté Olivier David, gérant 
de Vega Patrimoine. 
   A la société de gestion Candriam (ex Dexia AM), Rudi Van den 
Eynde, responsable des actions thématiques globales, comprend 
que Sanofi ait préféré "raté un actif" dont il aurait eu 
pourtant besoin.  
   "Sanofi ne va certainement pas surenchérir mais regarder 
d'autres actifs en oncologie comme Incyte  INCY.O  ou des 
sociétés comparable", dit ce spécialiste des biotechnologies.  
    En Bourse, l'action Sanofi n'a guère réagi à l'offre de 
Pfizer sur Medivation. Certains analystes estiment même que le 
marché réagirait très mal si le laboratoire français décidait de 
disputer sa proie à Pfizer. 
    Même si Sanofi a besoin de renforcer rapidement son pôle 
oncologie, il n'a pas la marge de manoeuvre financière d'un 
groupe de la taille de Pfizer, estiment des analystes, en 
ajoutant que Medivation promet en outre beaucoup plus de 
synergies avec le groupe américain qu'avec le français.    
   Le titre Sanofi a clôturé lundi à 69,56 euros (-0,22%) en 
ligne avec le CAC 40  .FCHI  (-0,24%). 
 
 (Edité par Dominique Rodriguez) 
 

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