Médicaments sur Internet : pas de révolution attendue

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L'arrêté encadrant la vente de médicaments en ligne est entré en vigueur ce vendredi. Mais le nombre de sites actifs devrait être limité, si l'on en juge par l'expérience des autres pays européens.

Si les règles du jeu de la vente de médicaments en ligne sont enfin claires, le marché n'est pas prêt d'exploser. Ce vendredi, jour d'entrée en vigueur de l'arrêté encadrant la vente de quelque 4000 médicaments non prescrits, 35 sites seulement étaient enregistrés auprès de l'Ordre national des pharmaciens. Un manque d'enthousiasme dû à plusieurs raisons.

Bon nombre de pharmaciens ne sont pas favorables à la vente en ligne et prévoient d'ouvrir un site essentiellement pour se placer vis à vis de la concurrence. Ils se sont d'autant moins précipités que, si la vente en ligne est autorisée depuis le 1er janvier, elle a donné lieu à des controverses entre l'Autorité de la concurrence et le ministère de la Santé, avant d'aboutir à une réglementation précise. «Les pharmaciens attendaient d'être fixés sur les règles auxquelles ils devaient se soumettre pour se lancer. Mais, le nombre de demandes d'agréments a été multiplié par trois», précise Isabelle Adenot, présidente de l'Ordre national des pharmaciens. Celle-ci s'attend à plusieurs milliers de demande à terme, sur environ 22.000 officines en France, sans croire pour autant à un véritable développement du marché.

Règles assez lourdes

Beaucoup de sites ne devraient pas durer longtemps, si l'on observe ce qui s'est passé dans d'autres pays. «En Belgique, 4000 officines avaient obtenu leurs licences, mais seules 150 fonctionnent encore. En Allemagne, il reste une quarantaine de sites actifs sur 3000 agréments», explique Isabelle Adenot. Dans les pays d'Europe où il est autorisé depuis plusieurs années, le commerce en ligne représente à peine 5% des ventes de médicaments.

Sans compter qu'en France, les règles élaborées pour encadrer ces ventes, à la fois pour lutter contre la contrefaçon et la consommation abusive, restent assez lourdes. Le marché pourrait toutefois être porté par les prix, qui pourront être moins élevés que dans les officines auxquelles les sites sont liées. Cela risque toutefois de ne séduire qu'une faible proportion de Français. Un sondage d'Ipsos indiquait il y a quelques mois que 11% seulement des Français envisagent d'acheter des médicaments en ligne.

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